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Live Report   

Bad Omens : « the fucking Kings » au Zénith


Ce mardi 2 décembre, Bad Omens était attendu de pied ferme au Zénith de Paris. Un concert complet pour le groupe de Richmond, soutenu par The Ghost Inside et Bilmuri. Cette date parisienne intervient trois ans après la sortie du très remarqué Concrete Jungle et en amont de la sortie de leur quatrième album, alors que le dernier single, « Left For Good », vient d’être dévoilé. Même avant de pénétrer dans la salle, l’impatience est déjà palpable, la queue au merch est impressionnante.

A 19h frappantes, The Ghost inside prend le contrôle de la scène. Une setlist de dix titres efficaces et puissants, le groupe californien mené par Jonathan Vigil occupe l’espace. Commençant par « The Avalanche », le groupe enchaîne sans temps mort et fini sur quatre titres qui font petit à petit monter la température dans la fosse : « Engine 45, « Wrath », « Earn It » et « Death Grip ». Le public est conquis, et le groupe a réussi son pari de chauffer la salle. La fosse est survoltée.

Artistes : Bad OmensBilmuriThe Ghost Inside
Date : 2 décembre 2025
Salle : Le Zénith
Ville : Paris [75]

C’est au tour de Bilmuri de monter sur scène. Gros changement d’ambiance. Le projet de l’ex-Attack Attack! John « Johnny » Franck propose un metal quasi joyeux, surprenant, mêlant des accents pop ou redneck à des éléments de structure jazz. Le frontman apporte sa bonne humeur nonchalante, tout en ayant une parfaite maîtrise de sa voix. Mais Bilmuri, c’est aussi Gabi Rose, qui fascine au saxophone, à la flûte traversière mais aussi au chant. Gabi Rose est également la femme derrière le solo de saxophone à la fin d’Emergence de Sleep Token.

21h. Le public s’impatiente, les discussions vont bon train. La scène est prête, mais le silence et l’obscurité y règnent. On n’attend plus que Bad Omens. C’est là que l’écran s’allume et qu’un clip démarre. Un lecteur de cassette vintage avec un nom : tape 1. Ambiance rétro pour un moment qui semble suspendu, entre onirisme et perte, avant que « Specter » ne résonne. Démarrer par ce morceau, c’est se rappeler pourquoi la musique de Bad Omens frappe au cœur. La voix de Noah Sebastian, éthérée, aérienne, s’égrène entre les notes du piano. La foule chante, de concert, comme il le fera tout au long de la soirée. Les lumières projetées par les écrans subliment ce moment. Puis Glass Houses permet au groupe de montrer sa puissance. Noah Sebastian occupe le centre de la scène, charismatique. L’assistance est transcendée. Le concert se poursuit avec « Drain », extrait de l’album Concrete Jungle (The OST), sorti en mai 2024, avant qu’un son si particulier, un son de cloche, ne mette la fosse en ébullition : « The Death Of Peace Of Mind ». Le public chante puis hurle les paroles. Toute la foule se meut, bouge, vit ce moment et cette chanson si emblématique du groupe de Richmond.

C’est la fin de la première partie. Une deuxième vidéo lance la deuxième cassette. Les couleurs changent. Le rouge cède la place à un bleu froid, électrique. Noah Sebastian se découpe dans l’ombre. Les effets de lumière sont de toute beauté et participent à cette ambiance à la fois puissante et réconfortante. « Dying To Love » démarre cette seconde partie. Titre sorti en octobre de cette année qui prend toute sa force émotionnelle en live. Encore une fois, la foule répond présent, chantant cette chanson récente mais déjà bien connue. Il n’y a aucun doute sur l’adhésion du public et sur l’aspect hors du temps de ce moment d’exception. Il le sait et le sent. Puis la batterie de Nick Folio démarre ce motif si reconnaissable : « Concrete Jungle ». Sans conteste, ils sont « the fucking Kings », phrase que la fosse hurle à faire trembler les murs. « Nowhere To Go » prend la suite, second titre consécutif de The Death Of Peace Of Mind (2022). La foule se scinde, le circle pit est lancé. Le break s’y prête si bien. Et c’est Limits qui clôt cette deuxième partie.

Après une troisième cassette, poursuivant l’histoire démarrée au début du concert, la scène se teinte d’un vert émeraude. « Artificial Suicide » électrise la foule. « Can you hear me through the white noise, friend? » La voix de Noah Sebastian impressionne, aussi à l’aise pour le chant clair que lorsqu’il pousse sa voix pour un cri qui dure une quinzaine de secondes. Et c’est à ce moment qu’il s’efface, laissant la voix de Poppy résonner pour « V.A.N. (Violence Against Nature) ». Un choix intéressant au milieu du concert mais qui fait l’unanimité dans le public. La chanson aux accents de metal industriel est la seule du groupe où ne figure que la voix de Poppy. Noah Sebastian reprend le devant de la scène avec « Left For Good », quatrième single extrait de leur prochain album, sorti le 18 novembre. Pour clore cette troisième partie, Jonathan Vigil de The Ghost Inside rejoint le quatuor sur scène pour « ANYTHING > HUMAN ». Un très beau moment de complicité entre les deux hommes qui se saluent chaleureusement. Musicalement, c’est impeccable et la foule vibre à l’unisson. « What Do You Want From Me? » vient clore cette troisième partie.

Quatrième cassette. Le temps défile, passe bien trop vite. Si le groupe a été très silencieux en début de concert, communiquant de façon sporadique, cela change peu à peu. Noah Sebastian prend de plus en plus la parole. Cette nouvelle partie est composée uniquement de titres de The Concrete Jungle : « What It Cost », « Like A Villain » et « Just Pretend ». Avec cette conscience que la fin du concert approche, l’assistance profite au maximum, présente dans le moment, chantant et vibrant avec le groupe. Ce sentiment de partage crée une ambiance quasi cosy, une communion entre le public et Bad Omens, malgré le bruit et la fureur, les circle pits et les cris de la foule.

Dernière cassette. « Impose ». Entre la voix aux vibratos si maîtrisés et la rythmique électro, ce quatrième titre issu de l’album à venir impose (sans mauvais jeu de mots) un changement de rythme brutal, l’ambiance change et c’est sur ce léger déséquilibre que jaillissent paillettes et confettis, argentés sur lumière bleue, avant que le groupe ne quitte la scène.

La foule scande leur nom, applaudit et Bad Omens revient pour un dernier titre qui fait l’effet d’un coup du lapin : « Dethrone ». Second titre issu de l’album Finding God before God finds Me, il s’agit là d’un des plus heavy du groupe. Noah Sebastian impressionne (encore) avec cette version live énergique et puissante. Il termine une nouvelle fois par un cri puissant, à genoux, pendant ce qui semble être une éternité avant de hurler « You are the fucking Kings ». Un peu K.-O. par cette fin de concert survoltée et brutale, les fans quittent doucement la salle.

Bad Omens, déjouant les mauvais présages, prend de l’ampleur sur la scène metalcore. Après avoir foulé la scène du Backstage, de la Machine du Moulin Rouge et de la Salle Pleyel, il a joué dans la plus grande salle parisienne de sa carrière à ce jour. Il y a fort à parier que les Américains investissent des salles encore plus grandes à l’avenir, mais ce moment était magique, exceptionnel et hors du temps.

Setlist (source Setlist.fm) :

Specter
Glass Houses
THE DRAIN
THE DEATH OF PEACE OF MIND
Dying To Love
CONCRETE JUNGLE
Nowhere To Go
Limits
ARTIFICIAL SUICIDE
V.A.N
Left For Good
ANYTHING > HUMAN (feat. Jonathan Vigil)
What Do You Want From Me?
What It Cost
Like A Villain
Just Pretend
Impose

Rappel :
Dethrone

Photos : fournies par le groupe.



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