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Auri : même flamme, nouveaux départs


Depuis quelques années maintenant, qui dit année blanche pour Nightwish dit également nouvel d’album d’Auri, exutoire musical à mi-chemin entre folk et bande originale de film, où Tuomas Holopainen, le touche-à-tout Troy Donockley et l’hypnotique Johanna Kurkela évoluent dans une harmonie digne d’un conte de fées. La symbiose entre ces trois-là est telle que l’on hésite d’ailleurs à parler de side project. Auri, c’est avant tout une famille, la rencontre de trois âmes sœurs qui se comprennent désormais à demi-mot, à demi-note.

C’est à trois que tout se crée et se décide chez Auri, et c’est donc à trois que Johanna, Tuomas et Troy assurent la promotion de leur nouvel album, Candles & Beginnings, entre deux répétitions pour leur tournée à venir. Une véritable oasis de lumière, d’humour et de bienveillance dans un monde qui en a plus que jamais besoin.

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Belenos : le feu sacré traverse les âges


2025 est une année riche en symboles pour Belenos. Alors qu’il s’apprête à souffler sa trentième bougie, le projet de Loïc Cellier vient de sortir son dixième album studio. Egor clôt ainsi une trilogie conceptuelle entamée avec Kornog en 2016, inspirée des trois éléments dans la tradition celtique. Bien que figurant parmi les piliers de la scène extrême hexagonale, Belenos reste un projet discret et résolument underground. S’appuyant sur une base musicale que l’on pourrait qualifier d’old school, son créateur s’oppose fermement à toute logique commerciale. Egor n’en demeure pas moins un album inspiré, destiné aux auditeurs les plus passionnés.

Si le chant n’a jamais été prépondérant dans la musique de Belenos, il est ici plus en retrait que jamais — au point que Loïc Cellier a envisagé pendant un temps un disque entièrement instrumental. Les riffs et atmosphères se suffisent à eux-mêmes, façonnant depuis toujours l’esthétique musicale du groupe. Nous avons naturellement évoqué cet aspect avec le compositeur, ainsi que les trois décennies de carrière qui seront célébrées dans quelques jours au Motocultor.

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Cryptopsy et la théorie du chaos contrôlé


L’image du « chaos contrôlé » est sans doute la plus pertinente pour décrire la musique de Cryptopsy. Cette identité sonore a légitimé le groupe comme une référence du brutal death metal. Le groupe québécois perpétue cet héritage en repoussant sans cesse ses limites, sur le plan tant technique qu’artistique. La preuve : chaque fois qu’il relâche un peu la pression — comme à l’époque du mal-aimé The Unspoken King — la colère des fans de la première heure se fait entendre. Heureusement, Cryptopsy est aujourd’hui en bien meilleure forme. Porté par une dynamique nouvelle, fondée sur un collectif soudé de quatre musiciens « amoureux » de leur propre groupe, An Insatiable Violence remet la barre très haut pour relancer la machine à riffs.

Lors de la tournée européenne aux côtés de Decapitated, Cryptopsy a pu dévoiler quelques morceaux de ce nouvel opus, notamment lors de la dernière date au Lions Metal Festival de Montagny. C’est dans ce cadre que nous avons pu nous entretenir en loges avec le chanteur Matt McGachy. Accueillant et sympathique, le frontman a répondu à nos questions tout en se faisant apporter quelques rafraîchissements par ses compères. La bière semble ici peu compatible avec la langue de bois : le chanteur est revenu en toute franchise sur les épisodes difficiles du groupe. De l’exigence de composer en pleine tournée à sa relation compliquée avec les réseaux sociaux — thème central du disque —, Matt McGachy nous livre de nombreuses clés sur An Insatiable Violence, qui réserve par ailleurs quelques surprises…

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Jo Amore, nouveau souffle de Tower Of Babel


Huit ans après Lake Of Fire, le guitar hero Joe Stump ravive la flamme de Tower Of Babel avec Days Of Thunder, un album incandescent taillé dans l’acier du hard rock classique. Avec la complicité de Mistheria (claviers), Nic Angileri (basse) et Mark Cross (batterie), le musicien américain signe une déclaration d’amour vibrante à Rainbow, Deep Purple et à toute la scène européenne des années 70 et 80. Ce second chapitre du projet marque aussi un tournant vocal : Jo Amore, ex-Nightmare et Kingcrown, succède à Csaba Zvekan et apporte une dimension plus incarnée, presque théâtrale, à la musique du groupe.

L’occasion était donc idéale pour faire le point avec Jo pour évoquer avec lui son arrivée au sein de la formation internationale, sa collaboration avec Joe Stump, ses influences marquées par Dio et le hard rock européen d’antan ainsi que sur sa liberté artistique qui donne à Days Of Thunder une force émotionnelle et une identité véritable. Retour sur un échange avec un chanteur passionné qui n’a pas perdu la flamme et qui est plus que jamais en phase avec ses racines.

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Glorior Belli : s’illustrer face à l’adversité


Le silence n’est pas toujours synonyme d’oubli. Malgré sa discrétion assumée ces dernières années, Glorior Belli n’est pas mort. Sept ans après The Apostates, le projet du surnommé Billy Bayou revient avec un album éponyme, lourd de sens. Le huitième album s’articule autour de la guerre en Ukraine, un pays avec lequel le compositeur entretient un lien personnel fort. Comme il le confie dans l’entretien qui suit, l’expression latine qui donne son nom au projet incarne parfaitement l’état d’esprit des soldats ukrainiens, que l’artiste soutient sans réserve. Un symbole fort pour ce groupe de black metal, où la réalité vient percuter de plein fouet l’imaginaire.

Bien que le sujet soit grave, la démarche de Glorior Belli peut intriguer. Après un retrait des réseaux sociaux, alors qu’ils sont devenus centraux dans la promotion musicale, le projet opte pour des circuits plus confidentiels. En s’éloignant des gros labels de son passé et en prenant le chemin d’une exposition réduite, ce nom marquant du black metal des années 2000 repart presque de zéro. Le groupe renoue avec une forme d’essence musicale plus radicale, prenant un léger recul par rapport à l’identité southern black metal adoptée sur ses derniers disques. Il ne semble pas rechercher la lumière. L’usage assumé de l’IA pour le visuel, la quasi-absence de photos promotionnelles et l’utilisation presque désinvolte des réseaux attestent d’un goût marqué pour les chemins de traverse. Glorior Belli n’a ainsi accordé qu’une poignée d’interviews pour ce nouveau cycle. Ainsi, le seul entretien en français avec Billy Bayou est à lire dans nos colonnes.

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Insect Ark entre deux mondes


Avec Raw Blood Singing, son quatrième album sorti en 2024, Insect Ark, le projet solo mené depuis 2011 par la multi-instrumentiste Dana Schechter (Swans), s’est étoffé. Il a d’abord accueilli dans ses rangs le batteur Tim Wyskida (Khanate, Blind Idiot God), et s’est attaché à explorer des territoires nouveaux, ou tout au moins laissés en friche depuis longtemps, notamment le chant. De quoi étendre les horizons dessinés par ce doom sombre et cinématographique, mené par la basse et la guitare lap steel de Schechter. Quelques heures après la performance du groupe au Roadburn, nous avons rencontré les musiciens, accompagnés de Lynn Wright, en charge des parties de lap steel et de guitare en live, pour parler de ce dernier opus.

À la fois renouveau et dans la droite lignée de son prédécesseur The Vanishing, cet album viscéral est en effet le prétexte idéal pour toucher au cœur du projet, revenir sur son histoire et ce qui fait son essence. Échange entre trois musiciens aux parcours différents mais qui partagent beaucoup, cette discussion explore aussi plus largement les méandres et les replis de la créativité, de ses conditions matérielles à ses aspirations les plus intangibles…

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Akiavel : fleurir au milieu du chaos


Akiavel avance sereinement. Avec quatre albums en sept ans, le groupe s’est déjà construit une fanbase solide. Et la formation ne compte pas s’arrêter là, enchaînant concerts et festivals estivaux. InVictus confirme le professionnalisme du groupe, porté par un death metal puissant, un concept fort et une direction claire. Malgré une sortie concurrentielle dans un registre qui semble parfois saturé, l’album parvient à tirer son épingle du jeu. Il faut dire que les mélodies d’Akiavel ont un goût prononcé de « reviens-y » : riffs entêtants, accroche immédiate et growl percutant. De plus, la charismatique frontwoman Auré ne ménage pas ses efforts pour faire d’Akiavel un futur grand nom de la scène.

Pour en savoir davantage sur l’esthétique du projet, c’est justement avec la musicienne que nous avons pu échanger. Revenant sur ses jeunes années dans le metal, à une époque où les spectatrices étaient plus rares, Auré s’est aussi confiée sur les fondations d’Akiavel et sur les perspectives que le groupe continue de se créer. Comme à notre habitude, nous avions de nombreuses questions — et cela tombait bien : la chanteuse, aussi sympathique que loquace, n’avait pas sa langue dans sa poche. Il en résulte un échange riche, qui permet de plonger en profondeur dans l’univers d’Akiavel.

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Gruesome : les échos de Death


Il y a des groupes qui imitent leurs idoles sans véritablement l’admettre. Et il y a Gruesome. Eux assument faire, en guise d’hommage, de la musique dans le style de Death. De but en blanc, le concept a de quoi rendre sceptique : Chuck Schuldiner était une légende, un pionnier, un génie. Comment peut-on ne serait-ce que vouloir s’y mesurer ? Pourtant, avec Gruesome, on est vite bluffé, grâce à un certain talent et à l’expérience des membres – on n’a pas affaire à des novices – mais aussi à la sincérité, la passion, le respect et le désir de faire honneur au matériau initial qui les anime.

Après trois disques passés à explorer et ranimer les premières années de Death, c’est à un véritable monument que le quatuor s’est attaqué : le mythique Human de 1991. Le batteur sur ce dernier, ainsi qu’idole et ami, Sean Reinert devait en être le producteur. Le destin en aura décidé autrement suite à une rupture aortique début 2020. Se sont ensuivis des larmes, des doutes, des atermoiements, pour finalement relever la tête et aboutir à un Silent Echoes dont ils peuvent assurément être fiers. C’est à l’occasion de la sortie de ce dernier que nous avons longuement échangé avec le chanteur-guitariste Matt Havery et le batteur Gus Ríos – tous deux également membres de Left To Die aux côtés des ex-Death Rick Rozz et Terry Butler. Ils nous racontent cette genèse compliquée mais aussi reviennent sur le concept même de Gruesome et leur amour indéfectible pour l’œuvre de Chuck Schuldiner.

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Katatonia : un doux cauchemar


Jonas Renkse est le dernier des Mohicans, le seul des membres fondateurs de Katatonia à subsister depuis qu’Anders Nyström n’en fait plus partie. Si ce dernier a été un membre fondamental, qui a largement contribué à façonner et orienter le son de la formation suédoise pendant plus de trente ans, les fans savent que le groupe est entre de bonnes mains et n’ont pas de raison de s’inquiéter : les trois derniers disques, dont le nouveau Nightmares As Extensions Of The Waking State, ont été composés par Renkse seul.

C’est d’ailleurs de ce dernier disque que nous avons largement discuté avec le chanteur qui veut profiter autant que possible de l’élan de créativité dans lequel il se trouve depuis quelques années. Il est évidemment question de l’apport des nouveaux membres, d’esthétique, d’enregistrement et des particularités de certains titres, mais aussi de sujets plus personnels, depuis le rapport à la figure de Satan jusqu’à un cauchemar inspirant, en passant par son rapport au chant et la question que tout le monde se pose : Jonas Renkse aurait-il fait un bon membre de Kiss ?

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The Haunted : le thrash en premier recours


The Haunted – qui va vers ses trente ans – n’a plus de pression et ça se voit : huit ans que le quintet suédois n’avait pas sorti de disque. Les raisons sont multiples, mais finalement il n’aura fallu qu’un simple plugin de de guitare, un simple son pour réveiller l’ado de seize ans chez Patrik Jansen, lancer la machine à riff et mettre en branle ce dixième album, intitulé Songs Of Last Resort, le troisième avec ce line-up. Même si les choses ont bien changé chez The Haunted, dont les membres ne vivent plus du groupe qui n’a même plus de salle de répétition, Jansen a gardé son âme des débuts et reste un instinctif. Et l’absence de pression est finalement, peut-être paradoxalement, la raison pour laquelle cette incarnation tient si bien.

Songs Of Last Resort, ce sont donc onze titres thrash death intenses, souvent mélodiques, plus un ultime morceau qui, comme il semble être de coutume depuis quelque temps, clôt l’œuvre sur une note plus atmosphérique, le tout sous une thématique générale antiguerre largement d’actualité et appuyée par le sentiment d’urgence qui se dégage de l’œuvre. Le guitariste-fondateur nous parle de tout ceci dans l’entretien qui suit, entrant dans les détails de la conception de l’album, du studio très seventies qui a été utilisé jusqu’au coaching de Marco Aro par Björn Strid de Soilwork.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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