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Live Report   

Parkway Drive : une soirée australienne au Zénith


Ce jeudi soir, le Zénith de Paris se place aux couleurs de l’Australie. En tête d’affiche, Parkway Drive fête ses vingt ans de carrière avec une tournée anniversaire qui sillonne l’Europe. Le groupe, devenu l’un des leaders mondiaux du metalcore, n’a pas choisi ses compagnons de route au hasard. The Amity Affliction et Thy Art Is Murder complètent l’affiche, preuve du dynamisme d’une scène australienne foisonnante.

À l’arrivée dans la salle, une interrogation domine. La configuration réduite du Zénith permettra-t-elle d’accueillir la scénographie grandiose promise pour cet anniversaire ? L’énigme se dissipera vite, car rien, ou presque, ne semble avoir été sacrifié à Paris. Ce show a d’abord été conçu pour leur tournée australienne de 2024, qui a vu Parkway Drive remplir les plus grandes salles du pays. Un exploit rare pour un groupe de metal issu de Byron Bay. Encore plus fort, en juin dernier le groupe a repris son répertoire accompagné d’un orchestre symphonique. Un concert hors normes donné à l’Opéra de Sydney, symbole culturel australien emblématique. L’ambition de Parkway ne semble avoir aucune limite.

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Interview   

Paradise Lost : l’élévation dans la misère


Ce n’est un secret pour personne, Gregor Mackintosh est un athée convaincu, mais il n’est pas pour autant un antireligieux primaire. Il est même prêt à reconnaître dans l’Eglise de bons côtés et avoue envier les croyants. Trop terre à terre pour succomber à la foi, il n’en a pas moins vécu récemment une expérience que certains pourraient qualifier de nirvana ou d’illumination… Bref, à l’écouter, on comprend mieux sa fascination – une obsession même – pour l’art religieux dont il s’inspire comme composante de l’identité de Paradise Lost. C’est d’ailleurs à cette composante qu’il a voulu revenir plus largement sur Ascension, en retrouvant ces harmonies dites d’église et arrangement de guitares inspiré des chœurs liturgiques introduit sur les vieux disques du groupe.

Dans l’entretien qui suit, il est donc largement question de la conception de ce dix-septième album, qu’il a entièrement produit lui-même, et du rapport nuancé du musicien à la religion, mais aussi de la valse des batteurs qui s’est poursuivie ces dernières années et de la notion de « misère ». Le tout pour finir avec un petit mot au sujet d’Ozzy Osbourne qui nous a quittés la veille de cet échange.

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Live Report   

Architects : la confirmation d’une métamorphose


Architects poursuit son ascension fulgurante. Après une tournée française au printemps, le groupe britannique revenait pour une ultime date à Paris afin de conclure en beauté son passage hexagonal. L’Adidas Arena accueillait ainsi le quintette pour un concert unique, dans le cadre de la promotion de son onzième album The Sky, The Earth & All Between, produit par Jordan Fish (ex-Bring Me The Horizon). Sorti en février, ce disque a offert à la formation un succès inédit : « Everything Ends » s’est hissé en tête du classement U.S. Active Rock Radio, confirmant la nouvelle dimension prise par Architects.

Pour l’occasion, le groupe avait convié deux formations à ses côtés : Wage War, désormais habitué des grandes tournées internationales, et House of Protection, le duo formé par d’anciens membres de Fever 333 qui partage un titre avec Architects.

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Chronique   

Cathedral – Society’s Pact With Satan


Quoi de mieux que le mois d’Halloween pour un quasi-retour inespéré de Cathedral ? Quasi seulement car le groupe ne se reforme pas : c’est en effet à l’état – particulièrement de circonstances – de mort-vivant qu’il sort Society’s Pact With Satan. Cet EP-zombie revient en effet du fond des limbes. Dernier enregistrement du groupe à la fin des sessions de The Last Spire en 2013, il avait disparu dans les archives du producteur Jaime Gomez Arellano, oublié de tous. Redécouvert récemment par hasard, il a été mixé et offert au public à quelques jours à peine des trente ans du classique The Carnival Bizarre, cerise empoisonnée sur le gâteau roboratif de la discographie de ces monuments du doom.

Car Society’s Pact With Satan n’a rien de la chute de studio : c’est un morceau aux proportions dignes de Reverend Bizarre qui synthétise en trente minutes ce qui a fait l’essence de Cathedral. Les musiciens se font plaisir au fur et à mesure des développements presque narratifs de cette chanson XXL : riffs imparables et inquiétants en fil rouge, voix fantomatiques, touches de claviers, longs passages atmosphériques dignes de films de la Hammer, mais aussi intermède acoustique enchanteur ou accélérations brutales qui donnent une impression de chansons dans la chanson, le tout ponctué des imprécations amères du mage Lee Dorrian, qui fustige le monde actuel et les pouvoirs en place sans faiblir pendant toute la durée du morceau. Toute chaleureuse qu’elle soit, la production ne manque pas de mordant non plus en faisant la part belle aux guitares qui, comme toujours avec Cathedral, portent un édifice dont les fondations – basse et batterie – ne sont jamais prises en défaut. Polymorphe voire monstrueux, jubilatoire, Society’s Pact With Satan a quelque chose du bouquet final. On n’ose pas en espérer plus de la part des Britanniques, qui insistent sur le fait que le projet est bel et bien mort et enterré, mais semblent prêts à déballer leurs archives sur leur Bandcamp flambant neuf. À défaut d’un futur radieux, on aurait tort de se refuser un tel voyage dans le temps.

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Live Report   

Ashen : le virus du metalcore


L’été a été particulièrement studieux pour les Parisiens d’Ashen. Tout juste sorti d’une prestation remarquée sur la mainstage du Hellfest, le groupe a enchaîné avec les premières parties d’August Burns Red puis de Papa Roach tout en préparant parallèlement sa première tournée en headliner. Une série de dates en clubs qui démarre sur les chapeaux de roues avec quelques soirées à guichet fermé, dont celle de Nantes au mythique Ferrailleur. Une belle performance, d’autant plus que l’espace de la salle a été quasiment doublé suite à de récents travaux. Totalement réagencé et désormais doté d’un balcon, le lieu a gagné en profondeur ainsi qu’en hauteur de plafond sans perdre l’esprit cosy et rock / industriel d’origine. Il reste l’un des spots les plus intéressants de l’Ouest en ce qui concerne les musiques alternatives, notamment via des associations très actives, dont N-Syndicate, en charge du plateau de ce 26 septembre.

Sold-out oblige, le Ferrailleur est plein comme un œuf une quinzaine de minutes avant l’entrée en scène de Vestige. Une petite poignée de courageux cherche encore à acheter des places à l’extérieur, quête qui semble malheureusement difficile.

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Chronique   

Perturbator – The Age Of Aquarius


Depuis plus d’une décennie, James Kent érige ses synthétiseurs en armes d’alerte. Les claviers, autrefois porteurs d’une certaine nostalgie, glissent vers une musique sombre, métallique, viscérale. Fini les dystopies fantasmées à la Blade Runner, ici, c’est le réel qui s’impose. Guerres, dérives politiques, chaos sociétaux… Perturbator puise désormais sa matière dans le monde brut. Il applique un traitement clinique. Sans message ni morale, juste un miroir. Froid. Brutal.

Ce reflet s’incarne dans une œuvre cyclique, aux structures étirées, où les motifs hypnotiques écrasent lentement l’auditeur. Les nappes électroniques ne séduisent pas, elles questionnent, elles oppressent. Le monde tourne en boucle, la musique aussi. Et au cœur de ce tumulte, trois titres s’imposent. « The Art Of War », martial et suffocant, trouve dans le chaos une forme de jouissance. Son clip, animé en porcelaine brisée, matérialise l’absurde et la futilité de la guerre moderne. « Apocalypse Now », porté par la voix de Kristoffer Rygg (Ulver), ouvre une faille mélancolique dans le béton sonore. Un chant hanté, presque liturgique, pensé d’abord comme une évocation de la guerre froide, élargi à l’idée de conflit universel. Mais c’est « The Age Of Aquarius », morceau-titre avec Alcest, qui atteint des sommets. Composé comme un mantra, ce crescendo lent libère un climax lumineux… sans certitude. Le doute persiste. L’optimisme y est fragile, presque illusoire. Ces trois morceaux suffisent à justifier l’écoute. Le reste du disque, plus abstrait, joue le rôle de tension continue. Pas de respiration. Juste une dramaturgie sonore étouffante, où l’utopie reste hors de portée. Et c’est là tout le paradoxe. Car l’« Ère du Verseau », dans l’imaginaire collectif, évoque au contraire un monde régénéré. Une période de fraternité, d’émancipation, de paix retrouvée. James Kent en détourne le sens, comme pour mieux en souligner l’impossibilité. The Age Of Aquarius n’offre aucune échappatoire. Il enferme. Et c’est bien pour ça qu’il marque.

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CR De Festival    Live Reports   

Muscadeath XXIII : Vendanges de décibels


Ce n’est ni plus ni moins que ses vingt-trois bougies que souffle le festival Muscadeath avec sa cuvée 2025. Année après année, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous incontournable — pour ne pas dire iconique — dans la sphère du metal extrême à l’ouest de l’Hexagone. Ce qui, à l’origine, avait tout d’un pari de passionnés est désormais devenu une véritable institution, capable d’attirer aussi bien les fidèles de la première heure que les nouvelles générations en quête de sensations fortes.

La formule, peaufinée au fil du temps, a largement fait ses preuves et conserve tout son pouvoir d’attraction : un vendredi soir consacré au black metal et un samedi plus consistant, placé sous le signe du death metal. Entre riffs abrasifs, atmosphères suffocantes et une ferveur sans faille du public, le Muscadeath confirme une fois de plus qu’il a trouvé son identité et qu’il sait la faire rayonner. Voici un compte rendu des concerts qui se sont tenus sur ces deux jours, entre découvertes, moments forts et coups de massue sonores.

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Interview   

Arjen Anthony Lucassen : l’interview que personne ne lira


Arjen Lucassen vit pour la musique. Il ne sait et ne veut rien faire d’autre. Pratiquement pas une année passe sans un disque qu’il a composé. L’année dernière, c’était Vermillion de Simone Simons et The Long-Lost Songs de Plan Nine. En 2023, Golden Age Of Music de Supersonic Revolution. En 2022, Revel in Time de Star One. En cette année 2025, c’est en solo qu’il revient… ou presque, puisque Songs No One Will Hear n’en comporte pas moins une petite liste d’invités venus lui prêter main forte. Un disque que, par un petit « twist » de fin, il s’amuse également à relier à l’univers de son vaisseau mère Ayreon, alors que le concept se veut en être déconnecté.

Le concept, justement, part d’une simple question : « Que feriez-vous s’il ne vous restait que cinq mois à vivre avant qu’un astéroïde ne frappe la Terre ? » De quoi faire réfléchir et explorer un vaste panel d’émotions humaines, et donc d’esthétiques musicales. Nous en avons longuement discuté avec le musicien. L’occasion de parler de sujets variés – théories du complot, IA, extraterrestres, etc. – et d’obtenir quelques confidences, notamment sur une reprise des Doors que, effectivement, personne n’entendra et un album solo de Bruce Dickinson avorté.

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Chronique   

Testament – Para Bellum


Testament prend son temps, et il a sans doute raison. Cinq ans après Titans Of Creation, il revient avec Para Bellum, un disque qui illustre remarquablement sa capacité à rester pertinent en conjuguant tradition et évolution. La principale nouveauté réside dans l’arrivée du jeune Chris Dovas à la batterie, suite au départ de Gene Hoglan en 2022, puis de Dave Lombardo en 2023. Son jeu, à la fois polyvalent, véloce et précis, permet au guitariste Eric Peterson d’élargir son spectre de composition et d’y injecter des couleurs plus sombres.

Dès le morceau « For The Love Of Pain », le ton est donné : riffs rentre-dedans, rythmique implacable et un Chuck Billy toujours habité dans son chant, secondé par Peterson pour un efficace mélange de timbres et de genres, entre thrash, death et black metal (l’influence de Dimmu Borgir n’est pas loin…). Le premier single « Infanticide A.I. » confirme cette orientation, alliant urgence et intensité autour d’un thème contemporain : la dérive technologique. Deux titres bruts de décoffrage qui ne présagent en rien de la suite où les vétérans de la Bay Area se plaisent à multiplier les registres. C’est ainsi que « Shadow People » évoque les ambiances lourdes de l’ère Low, tandis que « High Noon » renvoie au groove de The Gathering et que « Room 117 » offre un visage plus mélodique (tout comme l’inattendu final de « Witch Hunt »). « Nature Of The Beast » va même jusqu’à rendre hommage au heavy metal traditionnel, quand « Meant To Be » ose la power ballade orchestrée, à coups de guitares acoustiques, de cordes et de longue montée en puissance. Loin de sombrer dans un infâme patchwork, le groupe prouve qu’il peut encore surprendre sans compromettre son identité. La production de Jens Bogren y est sans doute pour beaucoup, apportant clarté et relief, et évitant l’écueil de la compression excessive pour une dynamique qui en sort valorisée. Testament ne se réinvente pas, mais démontre ne pas être condamné à répéter les mêmes formules. Il pioche dans une vaste palette de couleurs pour faire de Para Bellum un album tout à la fois solide, cohérent et varié. La preuve éclatante que le quintet reste une force vive du thrash – et au-delà –, capable de dialoguer autant avec les anciennes que les nouvelles générations et de consolider un héritage qui continue de s’écrire au présent.

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CR De Festival    Live Report   

Death & Damnation Festival : la rentrée du black metal


Septembre : l’été touche à sa fin, la saison des festivals aussi. Heureusement, des événements sont organisés à la rentrée pour faire passer la pilule. C’est le cas du Death & Damnation Festival, qui propose sept groupes sur une journée à la Turbinenhalle d’Oberhausen, en Allemagne, un bâtiment centenaire qui fournissait l’énergie nécessaire à l’industrie lourde environnante et qui accueille désormais des événements culturels.

Au programme, donc : ambiance industrielle et black metal teinté de death. Alléchés par la présence en tête d’affiche de Beherit, les pionniers du black metal finlandais qui ont repris les concerts récemment mais se font rares, nous sommes allés voir ce qu’il en retournait…

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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