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Hellfest 2023 : fil rouge de la journée du vendredi 16 juin


Après une édition 2022 record tant par sa longueur que sa chaleur, la grand-messe française du metal revient avec sur une formule plus classique… mais passant tout de même de trois à quatre jours. Kiss, Iron Maiden, Slipknot, Pantera, Porcupine Tree, Behemoth ou encore Amenra… si vous ne trouvez votre bonheur dans ce nouveau panier garni de l’enfer, c’est qu’il y a un problème !

Aussi c’est avec force, abnégation et ponctualité (non) que nous tenterons de vous faire vivre par procuration cette seizième édition. Le réseau étant mis à rude épreuve par les dizaines de milliers de chevelu⸱e⸱s présent⸱e⸱s au Hellfest, il est très probable que les photos, vidéo et reports des concerts nocturnes soient mis en ligne le lendemain matin. Pour le report du jeudi, c’est par là ! Bonne lecture !

02h00 : SUM 41 / Mainstage 2
La Mainstage est retombée à l’adolescence ce soir devant la hargne de Sum 41 ! Apres toutes ces années d’existence, ses concerts sont aussi enflammés qu’un groupe qui débuterait. Pour ce soir, Sum 41 a réservé au Hellfest une playlist exclusivement old school, allant de ses plus vieux titre aux titres phares, malgré la sortie prochaine d’un nouvel album. Décidément, Deryck Whibley était uniquement venu pour faire danser les festivaliers, en témoigne ses courts passages de riffs connus de AC/DC et « Seven Nation Army » de The White Stripes, et leur reprise de « We Will Rock You » de Queen (pour la deuxième fois la journée). La prestation était énergique, peut-être même trop pour le chanteur, qui semblait tout de même bien épuise sur la fin…

01h47 : GOGOL BORDELLO / Warzone

00h45 : VENOM INC. / Temple
« La claque mon enfant, la claque !! », dit ce vieux rockeur à notre rédacteur à la sortie du concert de Venom Inc, cherchant sans doute une approbation. Notre avis est peut-être un peu plus mitigé. Si les légendes du thrash metal n’ont pas pris une ride et que leur performance scénique est carrée, avec désormais la petite pyrotechnie pour rajouter un peu plus à ce folklore thématique autour du grand cornu, niveau son aussi c’était l’enfer… Difficile de démarrer le set sans entendre la basse, surtout quand le deuxième titre du soir et la mythique « Black Metal ». Pour apprécier la performance, il a fallu très sérieusement s’avancer assez proche de la scène et nous imaginons donc le déséquilibre assez important selon le positionnement des spectateurs. La navigation ne fut pas très compliquée puisque malgré le succès du groupe, la foule était assez clairsemée. Pourtant, pas de doute, les fans de thrash étaient bien présents (et parfois bien bourrés) pour pratiquer ce formidable exercice d’étirement qu’est le headbanging. D’ailleurs, dans le pit, ça clope sévère et étrangement plus que d’habitude. Le frontman a sans doute ouvert la voie en s’en grillant une petite en introduction d’un titre, ce qui a lancé un petit mouvement pro-cancer dans la fosse. D’ailleurs, comme le rock c’est évidemment boire fumer et shredder comme si demain n’existait pas, un petit rebelle avec sa bouteille de whisky s’est fait repérer par la sécu et confisquer sa bouteille. Le vilain. Pour ce qui est de la gratte, les riffs de Venom Inc sont évidemment redoutables, quel que soit le répertoire dans lequel il pioche, celui de Venom ou dans les albums en son nom propre. Venom Inc ça reste une histoire de trois copains qui veulent rocker dur pour Satan, et ils l’ont encore très bien fait ce soir.

00h42 : BOTCH / Valley
Botch, ou comment traduire musicalement une attaque de panique infinie. Voir le groupe se produire en Europe après vingt-et-une années de hiatus est une chance conséquente. Et le public le sait, il trepigne depuis plus d’une heure, massé devant la scène de la Valley. Botch avait mis un terme à son existence alors même que le groupe avait atteint une belle renommée sur la scène mathcore dans les années 2000 avec l’album culte « We Are The Romans », inspirant par la suite des groupes comme The Ocean ou Between The Buried And Me, et partageant l’affiche de The Dillinger Escape Plan. D’abord revenu en 2022 pour quelques dates, qui se sont finalement prolongées en tournée, ainsi que la sortie d’un single, les Américains assurent que rien n’est à attendre de plus. Mais bon, quand on revient après autant d’années d’exil, il ne faut jurer de rien. Après une entrée dépourvue d’artifices surfaits, Botch rentre tout de suite dans sa matière brute et épileptique et clôt son premier morceau avec un riff qui fait immédiatement mouche tant il est lourd et texturé à la fois. Les accalmies sont rares et précèdent des déferlantes aux rythmiques difficiles d’accès pour quiconque n’auraient pas des oreilles aguerries aux codes du mathcore (ces innocents devaient avoir la même tête ahurie que le chant terrorisé représenté sur la peau de grosse caisse). La musique torturée des gars de Tacoma est condensée et sans compromis : leur réputation d’icône de la frénésie calculée est sauve.
Apres quelques ajustements sur le tas, le son de basse EGC de Bryan Cook devient d’une percussivité presque traditionnelle quand on connaît son travail dans Sumac ou Russian Circles. De son côté Dave Knudson a su sculpter un grain protéiforme à base de distorsion acérée, mais aussi d’effets delay, whammy, pour alimenter les parties les plus catastrophées des morceaux. Ses riffing de guitare, tantôt entêtant tantôt fracassant sont d’une efficacité redoutable et suscite une vive réaction d’allégresse dans l’audience avec des morceau comme « Oma ». La dissonance comme outil curateur en somme. Chaque morceau de Botch renferme un uppercut, un coup de maître qui met tout le monde d’accord. Une vraie jouissance paniquée réitérée. Dave Verellen n’est pas en reste et érafle toute la foule avec son chant affolé et crépitant tandis que Tim Latona tient la baraque, concentré et stoïque. Après un court remerciement de Bryan Cook pour l’accueil français qui leur est réservé, Botch passe un cap et retourne la Valley avec le morceau qui suit. Dave Knudson va même jusqu’à détuner sa première corde pour sonner brievement comme une grande majorité de groupes modernes affublés de guitares 8 cordes. Un régal. Après un interlude aux allures de berceuse, les deux derniers titres cathartiques à souhait concluent la prestation de Botch sur un maelström d’applaudissements et de révérence tellement la claque était colossale. Post concert, dans le public on parle d’une branlée, pure et simple. Vu leur succès intact, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

00h52 : MÖTLEY CRÜE / Mainstage 1

Un flash spécial diffusé sur les écrans de la Mainstage l’annonce : Mötley Crüe va prendre le pouvoir pour deux heures de show intense. Et d’entrée c’est un « Wild Side » sauvage qui déboule dans un bouquet de décibels sous un light show impressionnant. Malgré un son saturé, on sent toute l’envie du groupe de convaincre d’entrée. « Shout At The Devil » et « Too Fast For Love » achèvent définitivement de ranger le public du bon côté. Ok Vince ne chante pas toujours juste, mais au moins il chante, lui… et ses deux choristes font le boulot pour le soutenir. Quant au nouveau venu, le guitariste John 5, il fait le job comme un Mick Mars en pleine forme. Machine Gun Kelly fait une apparition sur « The Dirt » et s’en sort sous les sifflets accompagnés d’un océan de doigts levés (pour info, ni le pouce ni l’index, juste le troisième). Au milieu du set, Mötley enchaîne « Smokin’ In The Boys Room », « Helter Skelter », « Anarchy In The UK » et « Blitzkrieg Bop ». Des reprises cousues main pour eux, de la hot couture pour la foule en délire. Le show continue sous les lasers portée 27km, dans une ambiance festive. Pendant que « Girls Girls Girls » claque dans les oreilles, les démonstrations sexy des choristes mettent en sueur certains festivaliers mais font aussi lever quelques sourcils. L’étonnant « Primal Scream » fait figure de rareté avant le finish époustouflant sur « Kickstart My Heart ». Le Mötley 2023 ? Frais, enivrant, un excellent Crüe.

23h37 : BLOODBATH / Altar
L’Altar s’est couverte d’un rouge écarlate de circonstance pour les Suédois de Bloodbath. Première prestation de la semaine pour Nick Holmes, dans un registre bien gras, même sur les morceaux présentés comme plus « calmes », devant une foule compacte et motivée. Il fallait au moins ça pour satisfaire les métalleux en quête de gros son sur cet horaire, face à Machine Gun Kelly. Le final sur un « Eaten » d’outre-tombe aura sans nul doute laissé quelques nuques en piteux état.

23h38 : RANCID / Warzone
On ne pensait pas que c’était possible, mais ils l’ont fait: Rancid est devenu encore plus brut et rentre-dedans qu’il ne l’a jamais été. Il faut dire que c’est complètement à l’image du dernier album du gang californien, composé intégralement de méchants coups de poing excédant rarement les deux minutes. Résultat: les morceaux tout neufs comme « Tomorrow Never Comes » ou « Ghost Of A Chance » booste complètement les anciens comme « Roots Radical », « Radio » ou « Rejected ». Tim Armstrong, avec sa tête de taulard survivaliste et sa guitare de gaucher au niveau des genoux, est décidé à ne laisser aucun répit – tout juste une mini-pause sur « At The World’s End », le temps de repérer un funko pop à l’effigie de Lemmy Kilmister sur l’ampli de Lars Frederiksen. Après un bon tour de chauffe, le parterre s’embrase réellement à l’arrivée de Maxwell Murder dont le solo de basse ne cessera jamais d’étourdir ses auditeurs. Ce ne sera d’ailleurs pas la seule prouesse du bassiste Matt Freeman, en grande forme ce soir. Si la setlist est millimétrée comme rarement, le groupe dégage une certaine froideur dans son attitude ce soir – apparemment le nom de Rancid a attiré un paquet de curieux, mais l’accueil hors de la fosse reste de l’ordre du dodelinage poli. De la chaleur, on en retrouvera aisément au travers des perles ska distillées ça et là (« I Wanna Riot », « Old Friend », « Timebomb ») ou plus certainement dans un pit composé des plus belles brutasses avinées que la Warzone a à proposer. Ruby Soho termine une prestation pleine de maîtrise mais qui aura eu du mal à enflammer une Warzone restée inhabituellement spectatrice ce soir, mais surtout très respectueuse du monument que représente les trente ans de carrière de Rancid.

23h20 : MACHINE GUN KELLY/ Mainstage 2
Nous allons être francs avec vous : nous n’y connaissons rien en Machine Gun Kelly. La participation du groupe a suscité beaucoup de commentaires négatifs, des sarcasmes et des grands débats sur la « gentrification du Hellfest », etc… Nous étions bien curieux de voir comment le groupe serait reçu sur cette Mainstage, beaucoup évoquant une supposée illégitimité. Visuellement, MGK a une forte proposition pour sa scénographie avec cet escalier géant où il démarre son set à son sommet. Le jeu de lumières est intense, les musiciens sont énergiques, l’ego trip est également à son paroxysme avec la dégaine du frontman. Musicalement, et c’est sans doute là que ça coince pour beaucoup, nous sommes entre le rock alternatif, la pop américaine moderne qu’on nous vend par paquet de cent et le hip-hop actuel que le groupe réservera pour la fin de son set. Pourtant une petite masse de fans compacte est réunie devant la scène et bien motivée, faisant même des wall of death assez impressionnant par rapport à la musique déployée. Mais tout autour, en périphérique vers la scène voisine et plus en arrière, c’est le calme plat comme un soir de Toussaint. Nous avons rarement entendu aussi peu d’applaudissements ou d’acclamations diverses à cette heure là de la journée. Ce n’est pas l’apparition de Tommy Lee en guest qui jouera juste après avec Motley Crüe qui va plus enthousiasmer la foule, cela va même au contraire déclencher quelques crispations. Après une performance qui semble bien longue aux oreilles de certains, la star quitte la scène en mettant deux clips de rap projeté sur son escalier géant sans dire aurevoir à la Giscard, ce qui va provoquer une colère certaine et le concert s’achèvera sous les sifflets… Est-ce que la prise de risque de programmer ce groupe est vraiment gagnante pour le Hellfest ? Pas vraiment. Mais on se demande même, au vu des apparition avec l’équipe de Mötley Crüe qui suivront, si ce n’était pas une exigence du groupe de faire participer les copains au festival…

22h34 : GORGOROTH / Temple
Après le déluge de 1349 et tandis que les dernières notes obscures de Belphegor flottent toujours dans l’air crépusculaire, une messe de fureur noire s’initie encore sur la Temple avec Gorgoroth. À nouveau, une véhémence venimeuse suinte des riffs et des blastbeats que les vétérans du black norvégien déversent sans interruption. Le public headbang cérémonieusement, et certains entament même des danses hypnotiques en réponse aux assauts de rage musicale. Les compositions sont denses et brutales, et le jeu de lumière d’un rouge monolithique n’est brisé que par les saillants éclats de froideur. L’effet est implacable et le public semble subir l’écrasement musical qui lui est imposé, et si certains se pressent devant la scène d’où Atterigner hurle sa litanie impie, certains semblent chercher l’issue hors de cette infernale cacophonie, et prouvent par la même que le black metal n’a rien perdu de sa radicalité !

22h31 : TRIGGERFINGER / Valley

Triggerfinger est à un véritable tournant de sa carrière. La semaine dernière leur iconique bassiste, Paul Van Bruystegem aka Monsieur Paul aka Lange Polle, jouait ses derniers concerts avec ses comparses de toujours. Alors forcément, voir le trio jouer sans son glabre géant fait tout drôle, comme si les mousquetaires avait perdu Aramis en route. Pour le remplacer sur le reste de la tournée, les Belges ont fait un appel à l’un de leurs compatriotes, Geoffrey Burton, connu pour être le guitariste d’Arno. Et force est de constater que le groupe est toujours aussi classe, toujours aussi groovy, toujours aussi inspirant en matière d’incarnation du rock ‘n’ roll. Soignés par un son limpide et hargneux, les « All This Dancin’ Around », « Colossus » et « I’m Coming for You » font swinger la Valley. Seule ombre au tableau, la fosse est saturée de monde, entre les fans du groupe et ceux qui viennent se restaurer, l’espace vital fût une denrée rare.

21h57 : DEF LEPPARD / Mainstage 1
Il est 20h25 précises lorsque résonne depuis la Mainstage le chant du Leppard ! Plutôt sûrs de leur force, les Britanniques entament leur set avec « Take What You Want », single extrait de leur dernier album studio en date Diamond Star Halos. Une prise de risque évidente vu le peu d’impact qu’a eu ce titre dans nos contrées. Mais le tir est vite corrigé par un « Let’s Get Rocked » vitaminé dans lequel le public se reconnaît davantage. S’en suit une sorte de best of des hits principaux du groupe : « Animal », « Foolin' », « Armageddon It »… on se croirait branchés sur une radio FM des années 80. Et ça, qu’est ce que c’est ? Oh presque rien : juste « Kick », de nouveau un titre extrait de leur dernier album. La tension retombe surtout qu’ensuite Def Lep fait passer ses slows à la pelle : « Love Bites », « This Guitar », « When Love & Hate Collide », « Bringin’ On the Heartbreak »… eh oh, c’est le Hellfest ici, pas la BO de La Boum ! Heureusement le groupe finit en beauté avec un enchaînement « Rock Of Ages » / « Photograph ». Et lorsque le chanteur Joe Elliot clame : « ne nous oubliez pas, nous ne vous oublierons pas (en anglais) », son « au revoir » (en français) qui suit à des allures de rendez-vous futur. On y sera.

@radiometal Vendredi 16 juin @Def Leppard #defleppard #hellfest #hellfest2023 #metal @Hellfest_Open_Air_Festival ♬ son original – Radio Metal

21h47 : FLOGGING MOLLY / Warzone
C’est presque un des Dix Commandements du Hellfest : « En l’absence de Dropkick Murphys, un autre groupe de punk celtique tu inviteras, sous peine que le peuple giguer ne puisse. » Et le peuple gigua, car le défi lui fut présenté d’entrée de jeu. Arrivé sur scène sans tambours ni trompettes, le chanteur Dave King dédie l’ensemble du concert à « quelqu’un qui a joué ici hier », Alice Cooper, selon lequel un groupe ne peut prétendre faire du rock s’il compte un accordéon et un banjo dans ses rangs. L’objectif de Flogging Molly est donc de lui donner tort pendant une heure, ce à quoi les musiciens comme le public vont s’appliquer consciencieusement. Il est de toute façon quasi impossible de résister au punk celtique, ce mélange idéal de deux styles conçus pour encourager le mouvement. Ajoutez à cela la capacité quasi-magique de la musique celtique à mettre tout le monde de bonne humeur, et vous aurez une petite idée de l’ambiance dans la fosse. Frontman particulièrement actif, Dave King a bien compris comment se mettre le public dans la poche et distribue allègrement des canettes de Guinness à la foule (la sécurité appréciera). Le capital sympathie de Flogging Molly monte en flèche, et comme si l’alcool gratuit ne suffisait pas, le solo de tin whistle sur « Devil’s Dance Floor » achève de mettre tout le monde d’accord. L’ambiance est décidément à la fête et Alice Cooper n’a plus qu’à ravaler ses vilains propos sur les instruments folkloriques. Vous reprendrez bien une petite Guinness pour l’ambiance ? Sláinte!!

21h37 : 1349 / Temple
Communication minimale, violence maximale, défouloir optimal, 1349 ne fait assurément pas dans la dentelle. Pour certains, la tarte dans la gueule est plus difficile à encaisser que d’autre, notamment pour cette personne au t-shirt Sum 41 qui tente de fuir la fosse et qui n’était de toute évidence pas suffisamment renseignée sur ses choix de concerts. Selon ses propres termes, elle n’aime pas trop « l’absence de mélodies et les riffs à base de scie circulaire ». C’est dommage parce que la formation norvégienne a plutôt de sérieux arguments en la matière ! Et les fans ne s’y trompent pas. Ça se bouscule pour rejoindre le pit qui s’agite, comme le frontman Ravn, d’une énergie furieuse. Le feu des Enfers s’abat de nouveau sous la Temple : c’est violent et méchant, certes, mais c’est du violent et méchant très bien fait, et c’est tout ce que le peuple demande !

21h02 : PAPA ROACH / Mainstage 2
Que le temps passe vite… Regarder un groupe des années 2000 par pure nostalgie, ce n’est désormais plus si déconnant. Preuve en est, Sum 41 est la tête d’affiche de la Mainstage 2 ce vendredi et on retrouve ainsi l’effet The Offspring de l’année dernière. Papa Roach est aujourd’hui de cette même équipe, et il le sait. Ce n’est pas anodin de voir les albums Infest (2000) et Getting Away With Murder (2004) si représentés dans la setlist, le public ne cache pas son plaisir de voir l’enchainement « Blood Brothers / Dead Cell / Broken Home » dès le début du set, en particulier tout ces spectateurs qui se rappellent ainsi de la grande période de leur virginité (y compris par chez nous) avec ces hits. Bien sûr, le Papa Roach de 2023 n’est pas le même que celui du Live & Murderous in Chicago, semblant au fur et à mesure des années s’être transformé en sorte de Jacoby Show (la tournée s’appelant, rappelons-le, Ego Trip). Même si le frontman est parfois énervant avec ses longs discours à base de fraternité, d’amour, et surtout de « motherfucker » à outrance, il faut bien admettre que c’est un véritable showman. Shaddix fait même oublier le son parfois brouillon de la prestation, qui se présente comme un espèce de mash-up taillé pour les festivals. L’intro de « Broken Home » sera splitté avec « Lose Yourself » d’Eminem, tout comme un passage de « Last Resort » avec « We Will Rock You » de Queen. Notons également la reprise de « Still D.R.E. » du maître du hip-hop américain Dr. Dre, sans oublier l’énergique « Firestarter » de The Prodigy en hommage à Keith Flint. Au final, pas mal de récentes sorties des Américains passent à la trappe… Ce n’est pas plus mal et c’est un pari réussi au vu de la bonne énergie de la foule pendant la performance.

papa roach hellfest 2023

20h24 : GREG PUCIATO / Valley
Le public est assez clairsemé pour accueillir Greg Puciato, qui ne bénéficie pas encore d’une audience comparable à celle de son ancien groupe. L’ex-chanteur de The Dillinger Escape Plan offre au Hellfest sa première prestation en festival sous son propre nom. Un concert qui est un peu construit à l’image de sa carrière en couvrant progressivement un spectre allant d’une violence chaotique entre metal et hardcore à des épanchements mélodiques parsemés d’electro. En ouvrant le set avec l’énergique « Do You Need Me To Remind You? », issu de son premier album solo, le chanteur rappelle à quel point il peut s’investir dans son interprétation, sans demi-mesure. Alternant entre chant crié et chant clair parfois à la limite de la justesse, il enchaîne les effusions rageuses, avant que les premières notes de « Them Bones » d’Alice In Chains soient acclamées par le public. Parfaitement rendu, le morceau fait prendre une tournure plus rock au concert et précède idéalement le lourd et poignant « Deep Set », basse en avant puis solo de guitare à l’appui. L’aspect calme mais pesant, chargé en émotion, se poursuit avec « Never Wanted That », puis Greg Puciato offre un cadeau aux fans de son ancien groupe, sous la forme de « One Of Us Is The Killer » qu’il semble presque interpréter à regret. Après l’avoir interrompu pour cause de mauvais accordage d’un des musiciens, il lance un « I dont wanna sing that shit! » que l’on croit à moitié. Revenant à son propre répertoire, l’émouvant « A Pair Of Questions » ouvre une parenthèse de douceur pop, avant qu’un nouveau déferlement d’agressivité offre l’occasion à Greg Puciato de retourner son t- shirt destroy de U2 sur sa tête pour hurler à travers. Avec le chaud-froid de « September City » s’achève un set riche en sensations fortes, fidèle à la personnalité complexe du frontman.

19h25 : ALTER BRIDGE / Mainstage 1
Le très attendu Alter Bridge s’avance devant une fosse pleine qui a simplement eu à tourner la tête depuis la fin de Motionless in White sur la seconde Mainstage quelques minutes plus tôt. Plein d’aisance, le quatuor déploie son rock/metal alternatif qui semble cocher toutes les cases : des guitares solides et bien définies, des refrains accrocheurs, un chant épique et qui fend parfaitement la masse sonore. On sent que l’exécution est sans failles et très confortable. Trop confortable ? Peut-être. Car à part quelques contorsions pêchues de la part de Mark Tremonti, les musiciens semblent réellement « se balader ». Cela dit, les premiers rangs ne boudent pas leur plaisir pour autant, mais on ne peut pas non plus parler d’une réelle effervescence dans l’assemblée. Question scénique : dresscode noir pour tout les monde, scène noire, mais gros backdrop en triptyque orange, blanc et (ouiiiii, vous l’avez deviné) noir. Bravo. Par contre pour les instruments, on se croirait au salon privé des guitares Paul Reed Smith. Si le frontman s’est contenté d’alterner entre trois modèles (petit joueur va) Mark Tremonti s’est attelé à changer de guitare à chaque morceau, avec au moins cinq modèles différents. Faudrait pas qu’elles prennent la poussière dans les flycases. Quant au chant de Myles Kennedy : une exécution déconcertante de facilité et de précision tout au long de la performance. Cependant la communication avec le public est plutôt limitée pendant la majeure partie du set et manque d’attachement, même si les artistes ne sont pas avares de grands sourires de plaisir. Fait étonnant, un tremblement de terre a eu lieu à La Rochelle pendant le set et s’est ressenti jusqu’au Hellfest devant la Mainstage et dans l’espace presse. Pour l’ultime morceau, Myles délaisse sa guitare et se consacre au exclusivement au chant et à la communion avec la foule sur un pont instrumental étendu. Enfin ! En guise d’ultime complicité, les musiciens remercient l’audience, balancent setlist, médiator, baguettes et autres artefacts tant convoités dans les premiers rangs. Si on ne peut pas nier la qualité musicale et la dextérité des membres d’Alter Bridge, on peut sûrement reprocher un jeu scénique un peu trop confortable et qui manque d’incarnation.

19h05 : Tremblement de terre de magnitude 5,5 confirmé, dont l’épicentre se trouverait entre Niort et La Rochelle. A Clisson, certains l’ont ressenti, d’autres ont cru que l’ingé-son s’était lâché sur les basses. Dans tous les cas, Christine Boutin avait raison : le Hellfest attire les forces souterraines du Malin.

18h59 : LESS THAN JAKE / Warzone


Quand nous avons la scène de la Warzone bariolée et aménagée comme un cabanon de plage, la dernière chose à laquelle nous nous attendions c’était d’y entendre la marche impériale de Star Wars. C’est pourtant sur ce thème que les américains de Less Than Joke, fiers représentants de la fameuse troisième vague du ska qui a déferlé en Californie à la fin des années 90, ont choisi de faire leur entrée. Même si beaucoup dans le public n’ont jamais assisté à un show du groupe auparavant (d’après un sondage Ipsos à main levée), tous les spectateurs présents savaient à quoi s’attendre. Dans le cas du sextet qui se produit devant nous aujourd’hui, cela se traduit par un ska punk ultra festif, popularisé par le fameux festival itinérant Vans Warped Tour et les compilations qui allaient avec. Même si les guitaristes chanteurs arborent respectivement un t-shirt Iron Maiden et une veste à patch richement ornée de pins, la musique de Less Than Jake consiste essentiellement en des morceaux de punk rock mélodiques et sautillants qui s’appuient beaucoup sur la section cuivre, bien mise en avant. Le public ne s’y trompe pas et c’est un vrai concours de crowd surfing qui a eu lieu dans la fosse ! Quasiment tout le monde s’y est mis dans la joie et la bonne humeur, bien aidé par les relances constante du second guitariste à dreads dans une parfaite imitation du Jay (de Jay and Silent Bob, pour ceux qui ont la ref’). Less Than Jake avait pour objectif de ramener le soleil de Californie dans la Warzone et les rayons ont réussi à percer le voile nuageux qui a plané tout l’après-midi au dessus du Hellfest… Mission accomplie !

18h27 : ABORTED / Altar


C’est l’heure d’aller chez le boucher, direction l’Altar pour les Belges d’Aborted ! Comme presque tous les groupes de death qui finissent en -ted, le groupe a la réputation de faire repartir ses fans sur les rotules… Inutile de dire que le groupe a été à hauteur de sa légende. Sur une petite décoration festive à base de cadavres dépecés et de deux crânes avec des casquettes à l’effigie du groupe sur la batterie, le groupe qui n’était pas venu depuis plus de dix ans avait l’ambition claire de foutre un sacré bordel dans ce pit sans doute trop timide à son goût. Par peur que les braves gens qui s’occupent de la sécurité s’ennuient, le chanteur, qui éprouve un certain plaisir à se mettre des grandes claques sur le front, exige que les slammeurs s’activent… Et là, tout a basculé. Entre les slammeurs donc, les circles pits et autres wall of death, des spectateurs se mettent même debout sur les épaules d’autres camarades avec une confiance aveugle de maîtriser les nombreux mouvements de foule. Côté performance, le groupe fait clairement le job et malgré le micro du frontman qui sature un peu, tout est carré pour « faire la bagarre ». Petit cadeau bonus, la formation a joué un nouveau single et a annoncé entrer en studio après l’été pour sortir le nouvel opus l’année prochaine. Une tournée suivra sans doute pour reprendre une fessée dans les salles obscures…

18h24 : VREID / Temple


Un an après avoir interprété l’emblématique 1184 sous la bannière de Windir, dans des conditions sonores loin d’être idéales, Vreid revient ce soir sous la Temple du Hellfest, armés pour défendre sa propre discographie. Mais cette fois-ci, c’est la bonne ! La qualité du son est, pour notre plus grand plaisir, presque impeccable. Sous un jeu de lumière d’une relative mais inévitable simplicité au vu de l’heure de passage, les Norvégiens offrent une performance maîtrisée de bout en bout, qui alterne habilement les ambiances et les époques et offre même quelques moments plus sereins, notamment lors des passages semi-acoustiques de « Flowers & Blood » et « One Hundred Years ». Le groupe vient alors renchérir et conclure sur des riffs frénétiques, occasions de grands mouvements dans le public, entre la danse folklorique et le pogo, qui incarnent finalement très bien la dualité de la musique de Vreid !

18h23 : MOTIONLESS IN WHITE / Mainstage 2
Encore une preuve, s’il en fallait une autre, que le revival des années 2000 est bien lancé, Motionless In White a réuni une large audience devant la MS2, sous un beau soleil. Petite ombre au tableau : des vocaux un peu trop propres, qui interrogent sur l’usage ou non de bandes sonores pendant le set. Rien qui gâche cependant le plaisir des fans, venus jumper à qui mieux mieux.

18h20 : WEEDEATER / Valley
Vous vouliez voir du stoner bien gras et complètement déganté ? Il fallait venir voir Weedeater ! Musicalement, tout y est pour vous faire relâcher votre nuque avec frénésie et balader votre bassin sur un groove désinvolte, bercé par un chant rocailleux et une ligne de basse aussi inventive que les grimaces de son auteur. Mais Weedeater s’apprécie aussi pour leur prestation scénique qui ne peut pas laisser indifférent. Accompagné de sa bouteille de Jack Daniel’s, le chanteur et bassiste se désaltère allègrement après chaque titre, lorsqu’il n’est pas entrain d’insulter le public tout en lui faisant de douces déclarations d’amour. Mais c’est lorsque l’on observe la grâce avec laquelle le batteur éjecte son molard par le nez que l’on apprécie vraiment toute la finesse et l’élégance des artistes… C’est indéniablement un groupe qui a une identité atypique, qui dialogue volontiers avec les festivaliers et qui ne manque pas de les faire sourire !

17h53 : SKID ROW / Mainstage 1
Pendant que certains passent le bac, eux se passent de Bach. Depuis que Erik Grönwall a remplacé Sebastian Bach, Skid Row revit. C’est une formation gonflée au punch qui investit la Mainstage dans la moiteur d’une après midi lourde. Et dès les premières mesures de Slave To The Grind, on sent passer un vent de fraîcheur venu à la fois de Suède (pays dont le nouveau chanteur est originaire) et de la côte Est des Etats-Unis. Avec une setlist alternant le meilleur du passé « 18 And Life », « Monkey Business » et le plus récent « The Gang’s All Here », le groupe est sûr de faire mouche à chaque coup. Erik, littéralement monté sur ressorts, ne ménage pas ses efforts pour haranguer les fans qui lui répondent de leur mieux. Il secoue sa tignasse de sconse peroxydé dans tous les sens et délivre en même temps une performance vocale de premier ordre. Le passé n’est qu’un souvenir, le Skid Row nouveau a de la gueule. On sent que les musiciens s’amusent et communiquent à fond sur scène : quand t’es pas blasé, tu ne blases pas ton public. C’est bien évidemment « Youth Gone Wild » qui conclue en beauté cette prestation enthousiasmante. Alors Skid Row… à bientôt !

@radiometal Vendredi 16 Juin @Skid Row #skidrow #hellfest #hellfest2023 #metal @Hellfest_Open_Air_Festival ♬ son original – Radio Metal

17h37 : Pendant que l’équipe éditoriale travaille dur pour vous proposer un fil rouge de haute qualité, le grand patron Amaury est en train de crâner sur la chaîne Twitch du Hellfest

17h20 : UNEARTH / Altar

unearth hellfest 2023

17h15 : DER WEG EINER FREIHEIT / Temple
Le black metal teinté de « post- » des Allemands était attendu de pied ferme sous la Temple qu’il submerge d’emblée d’une déferlante de riffs abrasifs et de vocaux déchirés. C’est parti pour 45 minutes d’un set qui navigue entre les trois derniers albums du groupe, de longues montées cathartiques en explosions chaotiques. Le black souvent véloce mais toujours ciselé de Der Weg Einer Freiheit est sous-tendu d’un sens mélodique qui ne ressort que partiellement aujourd’hui, mais l’émotion est quand même palpable au détour par exemple des quelques notes de guitare célestes perçant le maelstrom d' »Einkehr ». « Aufbruch » déploie ses longues montagnes russes, de guitare arpégée et replis mid-tempo en froids cataclysmes, et s’impose comme une conclusion idéale, avec son dynamisme presque entraînant et son crescendo stratosphérique.

16h45 : SILMARILS / Mainstage 2
C’est une réelle surprise de retrouver Silmarils en Mainstage. Il faut dire que l’orga avait anticipé l’annonce de la venue du groupe francilien en remplacement au pied levé d’Eths qui avait du annuler sa présence très récemment. Mais du point de vue du groupe, ce spot au Hellfest apparaît comme une forme de consécration. En effet les natifs de l’Essone constituent un authentique groupe lycée qui est simplement heureux de pouvoir enfin jouer à Clisson, apres avoir abandonné durant ses dix dernières années sa place de pionner du gros son fusion en France, aux côtés d’autres précurseurs comme FFF, Lofofora ou No one Is Innocent. Le chanteur David Salsedo, exhibant un look total californien avec casquette de baseball, Ray bans et magnifique tshirt « Suits suck », engrène la foule de quarantenaires très heureux de retrouver sa fougue lycéenne. Le début de show semble tout consacré au premier album de son histoire avec pas moins de quatre morceaux enchaînés qui en sont extraits, dont « On N’Est Pas Comme Ca » tiré de 4Life qui a reçu le meilleur accueil (et un bon paquet de slam). A la fusion groove metal du premier album succède l’indus et hip-hop au rythme lourd propre au second album Original Karma. Malgré les premières gouttes de pluie, la participation du public reste forte, reprenant les refrains en coeur et jumpant à chaque phase l’exigeant. Le groupe nous gratifie de sucreries comme la reprise très old school de « Tricky » des Beastie Boys (session de scratch incluse) et le nouveau morceau « Welcome To America », aussi revigorant en live qu’il est mollasson dans sa version studio. Évidemment, c’est au moment du tres attendu « Cours Vite » que tout explose. Toute la main Stage saute dans tous les sens et se lance dans le plus gros pogo de la journée écoulée. Mains sur les genoux, souffle court et sourire au visage: voilà un concert rondement mené.

16h00 : ELEGANT WEAPONS / Mainstage 1
Les supergroupes se suivent et ne se ressemblent pas… Après les vieux de la vieille dont les meilleures années sont clairement derrière eux, place aux « petits jeunes » qui ont très largement fait leurs preuves dans des groupes au pedigree imposant. Mené par un Richie Faulkner qui commence à distribuer clins d’œil et pointages de doigt avant même le début du show, Elegant Weapons est une arme de destruction massive qui fleure bon le heavy traditionnel de la fin du siècle dernier (aïe). Le Faucon écrit pour Judas Priest depuis dix ans, et il est difficile de passer à côté. Même si Elegant Weapons est taillé sur mesure pour que Faulkner puisse exprimer tous les gènes de guitar hero (ces poses, ces poses !) que Priest limite un peu par la force des choses, ses trois comparses sont tout aussi brillants dans leur partie : Christopher Wiliams (Accept) démolit allègrement ses fûts et Ronnie Romero (50 % des groupes de heavy actuels) est très en voix malgré quelques soucis de micro. Davey Rimmer (Uriah Heep), lui, reste davantage en retrait, mais quand on a hérité d’une hache de combat en tant que basse, il vaut mieux se montrer prudent. Si la musique elle-même prouve bien que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, ce qui frappe surtout, c’est la bonne humeur évidente qui se dégage par vagues entières de la Mainstage. Face au public du Hellfest, le quatuor de jeunes vétérans ressemble à un groupe d’ados trop heureux d’avoir été invité à jouer dans un bar, et cela joue forcément sur la performance et sur la réaction du public. Un concentré de talent et d’expérience pareil va rarement de pair avec une moyenne d’âge aussi basse et rassure sur l’avenir du heavy classique. Prenez des notes, Hollywood Vampires : c’est à ça qu’un supergroupe devrait ressembler.

15h45 : NOTHING MORE / Mainstage 2

15h40 : PRIMITIVE MAN / Valley
Attention aux prochains qui voudront frôler le sol de la Valley, un immense gouffre s’est creusé dans la fosse, aspirant lentement le public, l’attirant au fond de profondeurs inexplorées… Du moins, c’est ce qu’a tenté de créer le trio de Primitive Man avec la lourdeur de leurs atmosphères, aux nappes sonores qui s’étendent à n’en plus finir. Les festivaliers sont venus peu nombreux pour venir faire le balancier devant les ambiances drone et expérimentales du groupe, mais ceux présents étaient suffisamment pris dans l’expérience pour feindre de s’écraser au sol sous les coups des percussions. Primitive Man a offert une performance captivante pour les plus réceptifs du style, et semblaient eux-mêmes plongés en trance, ce qui n’était pas sans ravir les amateurs du style.

15h18 : BRITISH LION / Mainstage 1

15h14 : NOSTROMO / Altar
C’est le grand retour du vénérable groupe genevois au Hellfest après leur performance post reformation de l’édition 2017. Pour ces musiciens, c’est l’occasion de présenter l’album Bucéphale, dans un style un peu moins agressif que précédemment mais empli d’une plus grande profondeur. Et pourtant de l’agressivité il va y en avoir, parce que sur scène Nostromo reste le groupe de grindcore le plus fascinant qu’il soit. Pas de backdrop ni de mise en scène particulièrement innovante, juste 4 types en t-shirt noir et short de campeurs qui martyrisent méthodiquement les synapses de ses auditeurs. On aurait pu s’attendre à ce que ce les morceaux tirés de Ecce Lex (et ses prédécesseurs) obtiennent une réaction largement supérieure aux titres composés depuis 2018, ce ne fut pas réellement le cas. Certes, un « Rude Awakening » a fait craquer la nuque de l’Altar à l’unisson et le final « Epitomize » – « Selfish Blues » a allumé la flamme dans les yeux des plus anciens fans du combo suisse, mais un « Ship Of Fools » a tout autant remporté l’adhésion. Preuve que malgré plus 10 ans d’absence, Nostromo est loin d’être un bête appeau à nostalgie. La fraîcheur renouvelée du quatuor et la modernité de sa proposition musicale a su convaincre le public de l’Altar dont certains ignoraient jusqu’à l’existence même du groupe il y a peu…

14h23 : KOMINTERN SECT / Warzone
Si vous êtes capitaliste dans l’âme, il y a fort à parier que vous n’étiez pas à la Warzone lors de la prestation fédératrice de Komintern Sect. Comme une vieille bande de potes refusant la vieillesse et le partage douteux des ressources sur terre, les Orléanais dégaine leur punk oï avec camaraderie et décomplexion. Les guitares de Vovott et Louis cavalent gaiement, la batterie applique son immortel 4/4, la basse de Mama consolide le tout sans excentricités harmoniques et Karl adresse allègrement ses tracts vocaux à la foule conquise. Le public se prend au jeu en ponctuant leurs descentes de bières des traditionnels « whohooooo whohoooo » (vous avez compris) attendus dans toute musique punk qui se respecte. En parlant de respect : il faut tout de même relever que les copains avaient commencé à se rebeller musicalement dans les années 90, et ont repris les armes instrumentales en 2014, après presque 30 ans d’absence. Finalement le capitalisme n’était pas mort ? Qu’à cela ne tienne, on remonte au front… et apparemment leur retour a plu à une bonne partie de l’arène bagarreuse.

14h11 : Séance matinale d’assouplissement, faudrait voir à pas se luxer dans un mosh-pit.

@radiometal Séance assouplissement matinale, faudrait voir à pas se luxer dans un mosh-pit. #hellfest #hellfest2023 #yoga #metal #zen ♬ son original – Radio Metal

13h49 : HELMS ALEE / Valley
Comme une pierre projetée par une fronde étirée à sa limite, la musique de Helms Alee suit sa course tendue et ne vacille sous aucun prétexte. Sculptée par le trio américain, chaque morceau se déploie comme une incantation interrompue grâce aux chœurs énergiques de Dana James et Hozoji Margullis, rugueusement parsemée de hurlements écorchés par Ben Verellen. Les riffs circulaires, les rythmiques linéaires forment un circuit fermé dans lequel il est difficile de ne pas se perdre tellement l’épaisseur du son assomme le public en pleine digestion pour certains et certaines. Avant tout tellurique grâce à la communion féminine basse/batterie, les compositions ne manquent pourtant pas de passages plus éthérés et où on peut s’entendre reprendre son propre souffle. Dommage en revanche que la guitare semble moins bien coller au reste du spectre sonore massif, surtout lorsqu’elle s’aventure dans ses phrasés aiguës. Plus criarde et dominée par un effet « abeilles », elle peine à faire corps. À l’inverse la basse se retrouve parfois trop en avant avec certaines lignes vrombissantes à des niveaux désagréables. Mention spéciale à Hozoji Margullis qui exécute ses parties batterie avec aisance tout en chantant avec véhémence. C’est sans trop souffrir de ces quelques défauts que Helms Alee finit son set avec conviction et fureur primitive sous les applaudissements d’une Valley qui se mobilise progressivement avec la succession des concerts.

13h40 : ACOD / Temple
Le concert des français d’ACOD est à l’image des histoires qu’ils nous content dans leur mythologie, pleine de rebondissements et de dramaturgie. D’abord car le son capricieux de la Temple prive les premières secondes de la prestation du chant de Fred, noyé sous un flot de basses, une habitude sous cette tente même si rapidement rattrapé dans le mix global. Un titre épique comme « The Prophecy Of Agony » sera malheureusement entaché dans ces conditions, malgré la bonne volonté des musiciens qui se donnent pleinement pour la performance. Mais comme dans toutes les histoires avec des héros et des méchants, le héros gagne toujours à la fin, comprenez par là que ACOD a pu terminer son set avec un son plus que correct et un public plus dense et motivé. Fred s’est donné pour mission de remuer le pit, et il y est parvenu avec un joli pogo et des circles pits à l’heure du déjeuner ! Prestation réussie donc pour le combo qui espérait fouler les planches de cette scène depuis quelques années, comme le révèle le « enfin ! » balancé par le chanteur, et qui a vraisemblablement conquis de nouveaux adeptes qui tenteront de déchiffrer le mystérieux code derrière ACOD…

12h28 : Vous avez besoin de renflouer votre garde-robe ? Le merch RM est là pour vous…

@radiometal #hellfest #hellfest2023 #metal #stand #market #@Hellfest_Open_Air_Festival ♬ son original – Radio Metal

12h15 : BELENOS / Temple
Pas besoin de brandir des drapeaux blanc et noir pour porter la fierté bretonne en terres clissonnaises. L’horaire très matinal de Belenos n’empêche pas la Temple de réserver au groupe un bel accueil, alors qu’il avait promis quelques jours avant six titres « assez courts mais violents »… Promesse tenue. La communication avec le public s’en tient au minimum syndical, mais c’est aussi bien avec un temps de jeu si court. Et pour ne rien gâcher, le son est de bonne qualité !

11h44 : SYNDROME 81 / Warzone
Qu’ils aillent se faire voir les snobs de la Valley. Non mais c’est vrai : pourquoi ennuyer les gens avec un intro samplée quand on peut juste se pointer sur scène, faire coucou et annoncer que le premier titre se nomme « Vivre Et Mourir » ? Syndrome 81, c’est direct, c’est frénétique, c’est tout sauf paresseux. Si tu as eu la riche idée de te servir une bière à 6.90e, tu as le pack officiel « bonne réveil à la Warzone », et c’est tout ce qu’on veut. Après un petit mot militant sur l’importance des évènements locaux et de ne pas seulement se mobiliser sur un festival comme le Hellfest, le groupe reprend sa cavalcade sur la thématique de l’avenir compromis. Le quintet de Brest assène un punk qui tempête entre désenchantement et rébellion sans jamais oublier d’en mettre plein la tête aux troupes massées dans l’enceinte du temple de la guerre. Un peu comme si le combat de boxe semblait scellé, mais qu’ils refusaient d’abdiquer (qui a hurlé réforme des retraites ? Qu’il se dénonce). Si le mix global reste correct pour mettre en valeur les chœurs festifs, on pourra vite regretter le chant scandé parfois difficile à discerner dans la déferlante de riffing effréné. Mais ce qu’on perd en propreté, on le gagne en patate et en sincérité. Ça tombe bien pour un groupe de punk d’ailleurs. « Contre Vents Et Marées » incarne bien cette dynamique : « j’ai eu un cancer en novembre, j’ai failli crever mais je suis toujours là donc c’est cool. » C’est net et authentique. Alors forcément, quand ils reprennent en cœur le refrain éponyme, ça fait quelque chose. Côté public : on repassera pour les pogos et autres animations collectives. L’heure est encore au réveil et aux gestes simples comme compter deux par deux et lacer ses chaussures. Alors se prendre un taquet par Syndrome 81 de bon matin, c’est juste ce qu’il faut. Bon assez traîné, il est où mon verre ?

11h02 : MY DILIGENCE / Valley
Alors que les notes de la prestation nocturne d’Amenra résonnent encore dans les recoins de la Valley, My Diligence cueille matinalement les braves avec un son stoner épais tout en restant aérien et léché. Le trio de Bruxelles ne possède que peu de temps, alors il n’est pas question d’en gaspiller la moindre minute. Le chanteur fait frénétiquement signe à l’ingénieur son d’adapter son retour chant après quelques secondes, la « section rythmique » (fait notoire ; pas de basse sur scène) harangue le public dès la fin du premier morceau. Le lien avec la foule encore éparse se fait harmonieusement et sans forcer. My Diligence enchaine les riffs qui dépoussièrent, les harmonies de guitares entremêlées, les couplets tendus par les impacts généreux du batteur sur la caisse claire. Le frontman belge canalise avec classe le lien viscéral avec l’assemblée entre son chant clair emporté et son scream sauvage. Le public oscille paisiblement la caboche, satisfait d’être remué par un métronome qui ne dépasse pas les 100 battements par minute. Si le son d’ensemble est massif, on peut cependant déplorer un manque cruel de définition des interventions mélodiques de la part du soliste avec sa guitare EGC en aluminium (qui conserve un petit effet « whaou »). Dommage, sur écran ça avait l’air bien. Mais rien ne rédhibitoire, rien qui empêche de savourer la vague massive qui vous embarque dans ses méandres. Voilà qui donne envie de s’y plonger d’avantage de retour à la maison.

08h04 : Vous visualisez Forrest Gump qui tape son meilleur sprint ? Bah pareil mais pour aller aux douches du camping avant que ce soit la guerre.



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  • Je prends de l’avance :

    Skid row : absolument genial, il manquait sweet little sister et autres titres par contre. A bientôt, oui ca je l’espère !

    Motley crue : tant attendus, difficile de headbanger avec tant de densité de monde, mais c’était genial … au detail de machine hun kelly qui a été invité sur scène et hué (ahah)

    On en parle de se taper 30 mins de machine gun kelly pour ecouter du mtoley ? Non mais qu’est-ce que ca fou en Mainstage si tard ? Foutez le a 10h30 en warzone ! Il s’est fait hué notemment au passage de son nouveau clip de rap a la fin de set. J’ai rarement eu mes conduits auditifs qui ont autant soufferts …

    Altar/Temple : le son est cracra mais meilleur que l’année dernière ! Si on avait pu voir vreif/windir avec le son de la altar juste a coté d’ailleurs qui esr impeccable (toutes les melodies de as i lay dying sont parfaitement distingables, le son parfait que insomnium devrait avoir !). Je vois également que ces tentes sont plus remplies qu’en 2022 et ca fait plaisir !

  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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