Avec Headkeyz, rien n’est laissé au hasard. Le groupe poursuit la construction d’un univers dense, conceptuel, presque cinématographique, où musique et esthétique visuelle dialoguent en permanence. Après un premier album marqué par une violence frontale et des thématiques exposées sans filtre, ce deuxième opus agit comme un reflet inversé. Mêmes obsessions, mais abordées sous un prisme plus intime, plus introspectif, presque souterrain. Pensé comme le miroir du premier chapitre, ce nouvel album vient compléter, prolonger et éclairer l’histoire initiale. Les morceaux se répondent, les titres s’imbriquent, les pochettes se relient physiquement, jusqu’à former un diptyque conçu dans les moindres détails. Derrière cette construction minutieuse, on découvre une réflexion sur le pouvoir, l’enfermement, la dualité intérieure et les combats invisibles — autant de thématiques incarnées par des personnages récurrents, dont Fiona, figure centrale d’une narration éclatée en plusieurs perspectives.
Musicalement, Headkeyz confirme sa capacité à métisser les genres tout en conservant une identité immédiatement reconnaissable. Chaque titre possède sa propre grammaire, mais toujours au service du récit et de l’émotion, jamais dans la démonstration technique gratuite. Entre rock alternatif, touches rap, passages plus ambient et mélodies ciselées, le groupe assume une approche où la cohérence prévaut sur l’esbroufe. Nous avons rencontré Edge pour décrypter ce deuxième chapitre, revenir sur la construction en miroir des deux albums, explorer les thèmes forts comme la masculinité dans « Viking » ou l’ambiguïté poignante de « Speak », et comprendre comment cette narration psychologique se transpose sur scène.
« En tant que musicien, on fait du consommable, on est devenus jetable, et c’est difficile de perdurer. Je ne parle même pas de l’IA qui vient aussi nous saboter tout le travail sur les plateformes. Nous essayons donc de faire le maximum pour proposer du physique et de faire les meilleurs produits possible. »
Radio Metal : Plusieurs morceaux du premier album trouvent leur correspondance sous forme de chansons miroirs dans ce deuxième opus. Auparavant, les thèmes étaient plus explicites et visibles. Dans ce nouvel album, on a le sentiment de pénétrer dans l’intimité et de découvrir l’invisible. Pourquoi avoir travaillé de cette manière ?
Adrien “Edge” Girard (chant) : C’est difficile de dire pourquoi. Le concept de l’album suit une certaine trame. Il explore la quête du pouvoir et les raisons de courir après quelque chose qui n’existe pas, pour finalement s’enfermer dans la cage – la couronne, elle aussi, enferme d’une certaine manière. Parallèlement, la trame des clips est différente. L’histoire suit Fiona, le personnage principal, que l’on découvre véritablement dans le deuxième album. Dans le premier, elle apparaît sans que l’on sache vraiment que c’est elle. Pour décrypter ce scénario complexe, il faut comprendre qu’il y a trois personnages principaux. Ce ne sont pas des lignes temporelles, mais trois perspectives différentes. Fiona recherche sa sœur jumelle – jouée par la même personne qui joue Fiona, car forcément, il n’y a pas de véritable jumelle. Le personnage blanc symbolise le lien entre les deux personnages ; ce lien entre jumelles est personnifié par cette espèce de créature mystérieuse qui vit les deux histoires en parallèle, ce qui peut prêter à confusion. Les événements se déroulent de manière désordonnée, ce qui rend le récit intéressant. Il y a une dualité entre l’histoire violente de la jumelle et celle de Fiona, qui est triste car elle se cherche elle-même. C’est un peu comme un chapitre 1 et un chapitre 2. Les deux albums sont jumeaux et s’emboîtent même parfaitement. Les deux pochettes d’albums peuvent se relier physiquement. C’était déjà là dans le premier album. Personne ne savait pourquoi il y avait un petit carton rajouté en plus, nous n’avions rien dit. Maintenant, quand on achète le deuxième, on peut voir qu’on peut relier les deux.
C’est intéressant de ramener cet intérêt dans l’objet physique, ça devient assez rare de travailler là-dessus.
C’est sûr. En tant que musicien, on fait du consommable, on est devenu jetable, et c’est difficile de perdurer. Je ne parle même pas de l’IA qui vient aussi nous saboter tout le travail sur les plateformes, comme Spotify, qui autorisent ce genre de pratique. C’est incroyable. On attend qu’il y ait une législation là-dessus. Même si ce n’est pas toujours écolo, nous essayons de faire le maximum pour proposer du physique et de faire les meilleurs produits possible. Ce n’est pas évident, parce qu’il y a toujours du plastique dans le CD et le vinyle, mais nous travaillons sur la pochette, etc. Nous essayons de faire quelque chose. Le fait de pouvoir proposer des albums qui vont s’imbriquer l’un et l’autre, ça amène quelque chose d’un peu collector. L’objet est beau, il y a un vrai travail dessus. On a envie de le posséder, de le regarder, de lire le bouquin. Il y a plein de petits détails. Même quand on regarde dans le livret, il y a des petits détails, par exemple sur « CTRL-X » ou « CTRL-Z », c’est une ligne de code. Avec le second, on veut revenir en arrière, et le premier, c’est pour effacer ou couper, mais est-ce que ça va se recoller ailleurs ? On ne sait pas.
Parfois, les titres peuvent être trompeurs. Par exemple, le titre « Viking » semble être une réflexion sur les codes de la masculinité, qui peuvent être très contraignants. Quel message voulais-tu transmettre ?
Je me rappelais, quand tu es à l’école primaire ou au collège, il y a toujours ce truc de « il ne faut pas pleurer », « sois fort », etc. Tu l’entends beaucoup quand tu es un mec et c’est complètement con. Pourquoi ? Ça sert à quoi ? Je n’ai pas le droit d’être triste, je n’ai pas le droit de pleurer, je n’ai pas le droit d’avoir mal, je n’ai pas le droit de rêver… C’était donc important de le mettre en avant. Le Viking, on imagine le mec qui arrive et va tout défourailler. C’est le mec baraqué, guerrier, qui aime le sang, qui ne pleure pas. Finalement, le morceau n’a rien de viking, à part le casque dans le clip. C’est vraiment une image.
Il y a aussi le titre « Revenge », avec un mot qui peut appeler à la violence, alors que quand on écoute les paroles, la violence est surtout dans l’effacement de la personne.
Oui. L’effacement et le besoin de justice aussi, quelque part. La justice qui ne répond pas forcément à plein de choses. Ça ne m’est jamais arrivé, mais j’essaye de me mettre à la place d’une victime d’agression. Déjà, il y a la démarche d’aller le raconter. Il y a le risque qu’on se foute de nous ou qu’on ne nous croie pas. Après, on est face à la justice qui va trancher en binaire. Du coup, en essayant de me projeter dans ce cas-là, je me suis dit que c’était incroyable et qu’il fallait que je fasse un morceau là-dessus. C’est une généralité, parce qu’on en parle de plus en plus, et c’est une bonne chose. Je n’apporte rien dans le sens où je n’apporte pas une expérience personnelle. C’est juste qu’il faut en parler. Même si on ne l’a pas vécu, même si on ne sait pas, il faut dire qu’on sait [petits rires].
« Des fois, je dis que ce n’est pas moi qui compose. Je commence quelque chose et puis je pars. Après, je me réveille, le morceau est là et je fais : ‘Putain, j’ai fait ça ?!' »
Il y a un morceau qui a été particulièrement difficile pour toi à écrire ?
Ce n’est pas ultra personnel, mais pour le coup, dans les textes que j’ai écrits, il y a peut-être « Speak » sur le premier album. C’est vraiment quelque chose qui me touche beaucoup. C’est le seul morceau vraiment calme que nous ayons. Tout le long du texte, on ne sait pas trop ce qui se passe. On sait que c’est une personne qui est enfermée et qui attend quelque part qu’il y ait des gens qui passent. On parle de cellules, on parle de cages, donc ça peut faire penser au camp de concentration. C’était vraiment l’idée, l’image, que j’avais à la base, mais en fait, pas du tout, parce que ça ne le dit pas directement dans le morceau. En réalité, ça parle de l’abattoir. C’est pour ça que ça s’appelle « Speak », parce que ce qui différencie l’homme de l’animal dans ces cas-là, c’est le fait de parler. Le second ne peut pas dire « j’ai mal », « j’ai soif » ou « j’ai faim ». C’est pour ça que le morceau finit sur : « Est-ce que tu m’aimerais plus si je pouvais parler ? » J’aime bien laisser une interprétation. Il faut que ça s’adapte à chacun aussi. Ça peut déverrouiller des choses chez les gens.
Les gens qui arrivent au morceau « The End », qu’est-ce qu’ils doivent retenir ?
C’est foutu ! [Rires] Non, c’est à la fois la fin de l’album, c’est la fin du chapitre 1 et chapitre 2, c’est la fin des temps… C’est juste la fin. Mais peut-être la fin de quelque chose qui est nul et qui va renaître. Là, ça finit plutôt dans les flammes, mais quand on détruit, on rebâtit.
Et pour vous, la fin, c’est aussi peut-être le début d’autre chose. Il y a déjà des idées ?
Il y a des idées, mais il n’y a pas vraiment de compo. Enfin, il y en a une, mais elle n’est pas vraiment plaquée encore. Il y a un besoin d’aller beaucoup plus loin, sur tous les niveaux, de trancher encore plus le palier dynamique dans la musique. J’aimerais aussi faire quelque chose qui soit beaucoup plus vocal.
Ça veut dire quoi, plus vocal, pour toi ?
J’avais pris des cours il y a longtemps avec quelqu’un qui s’appelle Richard Cross ; je prenais des cours avec lui, mais ce n’était pas mon prof de chant. Il m’apprenait à devenir coach vocal. J’avais fait la formation sur deux ans et il m’avait dit que j’avais une méga amplitude de voix. Je peux descendre très grave et monter assez haut. C’est quelque chose que je n’utilise pas trop dans l’album. Ça reste très rock alternatif, donc c’est plus recherché dans la musique, mais la voix est là plus pour raconter quelque chose, elle ne part pas trop loin non plus. J’aimerais bien aller plus dans l’émotion et repousser certaines limites. Dans le deuxième album, il y a du rap, par exemple, mais pourquoi ne pas foutre du français ? Pourquoi ne pas chanter en voix de tête ? Pourquoi ne pas faire du chant mongol ? Pourquoi ne pas délirer, tenter des trucs, aller trop loin pour pouvoir revenir et sceller quelque chose qui est bien ?
En tout cas, musicalement, chaque morceau a son univers avec sa propre grammaire musicale.
Il y a une trame dans le mélange. C’est quelque chose de très métissé, mais il y a toujours une trame qui reste et qui, j’espère, est reconnaissable. C’est ce qu’on nous dit, en tout cas.
Tu t’es laissé surprendre par des compositions ou par des univers un petit peu différents dans ce que tu as essayé de tester dans ce deuxième album ?
Oui. En fait, c’est bizarre, quand tu composes, tu commences un truc et tu n’es pas vraiment là. Des fois, je dis que ce n’est pas moi qui compose. Je commence quelque chose et puis je pars. Après, je me réveille, le morceau est là et je fais : « Putain, j’ai fait ça ?! » C’est cool ou alors c’est naze, mais je suis super surpris. Des fois, je me dis que si je me mettais en condition de me dire qu’il faut que je fasse ce morceau, je n’y arriverais pas, c’est sûr. Alors que si je prends ma gratte, la basse, la batterie ou autre, je me déconnecte, je trouve un riff et hop, allez, c’est parti. Ça va super vite. Une fois, en une demi-heure j’avais fait un morceau, sans le texte et tout, mais avec le gimmick du refrain, et ainsi de suite.
« Tout ce qui m’importe dans un morceau, c’est la mélodie, avant même le sens. Il faut que la mélodie me touche. Si elle ne me touche pas, ce n’est pas un bon morceau. »
C’est lorsque tu reprends ton état normal, que tu essaies de reprendre le fil de ce que tu as composé, que tu essaies de comprendre, de visualiser le concept des paroles ?
Oui. Là, tu apportes quelque chose de plus figé. Tu vas conscientiser un peu plus le truc, tu vas donner une direction, parce que des fois, c’est vite bordélique quand tu te laisses aller. Le dernier morceau que j’ai composé fait dix minutes. Alors, OK, c’est cool mais au bout d’un moment… Tu ne t’ennuies pas, mais bon, dix minutes, il faut se les farcir [rires]. Peut-être que ce morceau va donner quatre morceaux.
Et pourquoi ne pas garder un morceau de dix minutes ?
Pourquoi pas ? S’il est intéressant. Après, il ne faut pas que ce soit de la démo pour de la démo. Ce n’est pas du progressif. Dans tous les cas, il faut que ça serve le sujet. Il faut que ça serve le propos. Il faut que ça le fasse. C’est comme les solos, je n’aime pas trop ça. Ce n’est pas mon truc. J’aime les solos, mais qui ont un feeling. Je n’aime pas quand ça shred. Je déconnecte. C’est comme quand je regarde un film d’action. Quand ça fait « piou piou piou » dans tous les sens, je me rends compte que je ne regarde plus du tout le film.
Ce qui ressort musicalement, en plus du fait que ce soit très bien produit, c’est qu’effectivement chaque note a du sens. Il n’y a pas de fioriture.
C’est le récit qui compte. Je trouve que des fois, il faut faire simple. Il n’y a pas besoin d’en faire des caisses pour véhiculer quelque chose. Ce n’est pas la recherche de technique qui va t’apporter plus d’émotion dans une musique. C’est la musique en elle-même. C’est la mélodie. Tout ce qui m’importe dans un morceau, c’est la mélodie, avant même le sens. Il faut que la mélodie me touche. Si elle ne me touche pas, ce n’est pas un bon morceau – il reste dans mon ordinateur ou alors, il verra le jour si je retombe dessus et que je fais : « Ah, c’est trop bien ! » [Rires]
Ça t’arrive de reprendre des anciennes idées ?
Plein de fois. Il y a pas mal de vieux trucs rien que pour les deux chapitres. Par exemple, je devais avoir dix-neuf ans quand « Viking » a été composé, et maintenant, j’en ai trente-sept. C’est vraiment quasi la version finale, sauf que je l’imaginais beaucoup plus pop. « Speak », c’est intéressant : à la base, c’est une reprise de « Bohemian Rhapsody » de Queen. Sauf que je n’ai pas eu les droits. C’est le même riff et j’ai complètement changé la mélodie. C’était rigolo, parce je le reprenais en mineur. C’est un morceau super triste ; les textes sont méga tristes. Tandis que la chanson est assez rigolote. Je l’ai donc replacé dans son état naturel, disons, avec toute la partie rappée au milieu, mais qui est faite en mode très smooth, très ambiante. Nous avions proposé le morceau à Sony, parce que c’est ce label qui a les droits. Ils avaient kiffé, mais pour les ayants droit – donc la famille de Freddie Mercury, Brian May ou je ne sais qui – ça défonçait trop l’œuvre originale. Or moi, j’aime bien défoncer des trucs ! [Rires] Faire une reprise pour la reprise, c’est dommage. J’ai même l’interdiction de la jouer en live – la version reprise originale.
Quand tu vas chercher une idée que tu as composée à dix-neuf ans, ça te ramène à qui tu étais quand tu avais cet âge-là ? Il y a un côté nostalgique ?
Oui. Déjà, quand tu entends le son, tu fais « waouh ! » Ça change ! Mais il y avait de bonnes idées. Et puis c’était vraiment insouciant. Tu composes ton truc, il y a des textes avec des fautes d’anglais dans tous les sens, etc. C’est rigolo. Maintenant, tu reprends le morceau et t’en fais quelque chose de plus mature et un peu plus dark.
On retrouve dans les thèmes abordés une dimension de domination, mais aussi l’idée que l’ennemi n’est pas toujours à l’extérieur, mais souvent à l’intérieur.
Oui, le combat interne. La psyché humaine est incroyable. C’est dingue. Enfin, je dis humaine parce que, comme je disais, les animaux n’en parlent pas [petits rires]. On est toujours en lutte, c’est fou. C’est vraiment passionnant. Parfois, on est soi-même sa propre béquille, son propre piège. On se fout des bâtons dans les roues tout seul parce qu’on a peur. La peur nuit beaucoup. On a peur d’avoir peur. Par exemple, « The Keys » est super intéressant dans ce sens, ou « Passenger » qui en est un peu le miroir. C’est un genre de combat : qui va l’emporter ? Personne, car c’est le même individu. Il faut trouver la place de chacun, et l’équilibre. Il y a des gens qui acceptent de venir plonger dans la face obscure. Tout n’est pas binaire, c’est un peu gris, mais je suis très noir ou blanc [rires].
« La psyché humaine est incroyable. On est toujours en lutte, c’est fou. Parfois, on est soi-même sa propre béquille, son propre piège. On se fout des bâtons dans les roues tout seul parce qu’on a peur. La peur nuit beaucoup. On a peur d’avoir peur. »
Cette dimension psychologique est quelque chose qui t’intéresse ? Tu es quelqu’un qui va beaucoup analyser les gens qui t’entourent ?
J’analyse toujours, mais sans le vouloir. Je n’ai pas du tout fait d’études en psychologie, mais j’aime bien. C’est vraiment intéressant parce qu’on ne connaît rien du cerveau, alors que c’est nous. C’est dingue. Rien que ça, ça me passionne.
Quand on regarde la littérature, les histoires que l’on nous donne quand on est jeunes, on a souvent des exemples de gens qui sont allés chercher trop de pouvoir en pensant trouver le bonheur, qui ont l’ambition de toujours rechercher quelque chose en pensant que c’est ça qui va les compléter.
Peut-être que le bonheur, c’est de rechercher quelque chose. Je me pose la question parfois. C’est peut-être juste ça. On peut se dire qu’on a un but et que ça fait avancer. Peut-être que le but, c’est d’avancer et pas de choper le but, parce que quand tu le chopes, tu l’as et tu t’emmerdes. Du coup, il te faut un autre but. Je pense que ce qui est cool, c’est de trouver un vrai quelque chose.
Comment toutes ces chansons se transposent sur scène ?
Différemment de l’album. C’est-à-dire qu’en concert, nous allons apporter vraiment une autre vision. Déjà, nous n’avons pas les moyens de faire un show à la Lady Gaga. L’idée est de nous détacher de ce côté ultra-produit. Enfin, c’est très produit aussi en concert parce que nous avons vraiment travaillé le son et beaucoup bossé, mais dans l’approche humaine. Nous cassons un peu cette dimension de gens sérieux, de projet metal trop dark [petits rires]. C’est super intéressant parce que c’est ultra-lumineux en concert. Nous sommes contents d’être là. On dit toujours que les gens viennent nous voir, mais nous, nous venons voir les gens. Il y a un échange qui se passe. C’est un truc qui fonctionne bien, même si ce n’est pas fait pour « fonctionner » parce que nous le faisons très naturellement. Ça nous revient souvent, on nous dit : « Vous êtes des gentils en fait ! » Ben oui, on est des gentils ! Nous sommes là, nous venons nous régaler, et les gens adorent ça, car nous sommes avec eux. Il n’y a pas de séparation entre la scène et le public. On est tous ensemble.
Dans tes rêves les plus fous, un concert idéal ça ressemblerait à quoi ?
Un jour, si nous pouvons nous le permettre, ce serait de refaire une tournée The Cage And The Crown avec toute l’histoire, une grosse scénographie, jolis lights, tout un truc bien écrit sur scène. On perdrait peut-être un peu le côté humain. On le retrouverait quand même parce que ce n’est pas possible, j’aime improviser sur scène, je peux dire des conneries, etc. J’ai besoin de ça. Je ne peux pas réciter quelque chose qui est tout fait : « Bonjour, on vient de Montpellier. » C’est peut-être un défaut, mais j’aime bien. C’est vrai, au moins ; c’est authentique. Si je me gaufre, les personnes qui viennent me voir se disent : « Au concert d’Headkeyz que j’ai vu, le chanteur s’est gaufré. » C’était un moment unique, c’est cool.
Quelles seraient tes références scéniques ?
Je suis un grand fan de Tool. Eux, par contre, sur le côté humain, ils ont fait le choix de se cacher un peu sur scène. Ils ne sont pas trop proches du public. C’est très écran, un peu hermétique. C’est un délire. Ça fait partie de leur ADN. Personnellement, je ne suis pas comme ça, mais je trouve les shows incroyables, et puis ça joue. Bref, c’est Tool ! Linkin Park aussi, c’est très bien. La scène de la nouvelle génération est très belle.
Interview réalisée en face à face le 15 janvier 2026 par Marion Dupont.
Transcription : Marion Dupont.
Photos : Mr. Yoppick (1, 4, 5) & Bastien Sablé (2).
Site officiel de Headkeyz : www.headkeyz.com.
Acheter l’album The Cage & The Crown : Chapter II.

































