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Interview   

Devin Townsend : de la chrysalide à l’envol


On en aura longtemps entendu parler. On peut désormais l’écouter. En projet depuis une bonne décennie, The Moth voit enfin le jour. De loin l’œuvre la plus ambitieuse de Devin Townsend – et quand on a posé une oreille sur des disques tels que Deconstruction et Empath, ce n’est pas peu dire –, il aura fallu une rencontre et qu’il reprenne des cours, afin de combler certaines lacunes théoriques, pour qu’une vague idée se concrétise en un album de vingt-quatre pistes et près de soixante-dix minutes. Véritable OMNI – objet musical non identifié –, The Moth voit le Canadien pousser la dimension orchestrale plus loin que jamais, mais aussi quasi synthétiser trente ans d’une vie artistique riche comme aucune autre, de l’envolée vocale la plus gracieuse à… un bête bruit de pet. N’allez pas lui dire qu’il est fou ou prétentieux… Ou plutôt si, dites-lui toujours : il n’a désormais plus peur du jugement. Car The Moth, c’est aussi l’album de la transformation, d’une forme d’abandon, de l’acceptation. Devin Townsend a fait la paix avec lui-même.

Comme il est coutumier de nos colonnes – il faut dire qu’on est friand du bonhomme –, il fallait bien une bonne heure – et encore, nous en aurions bien pris deux – avec le maestro pour rendre justice à l’œuvre et plonger dans les méandres d’un cerveau toujours aussi fascinant. Il a beau insister sur le fait qu’aucun message n’est à trouver dans The Moth, mais de simples observations, chacun pourra tout de même en retirer quelques sagesses.

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Interview    Radio Metal   

Hecate : une vision de la poésie à la française


hecate comment est la nuitIl est bien loin le temps où la littérature et la poésie françaises avaient une place confidentielle dans les textes de la scène metal. Si des groupes précurseurs comme Misanthrope avaient déjà franchi le pas, ils restaient encore une minorité il y a quelques années. Pour ces projets, la narration occupait une place privilégiée, se distinguant jusque dans la trame musicale de leurs disques. Hecate, groupe de black metal venu de Tours, est l’un des fiers représentants de ce metal hexagonal narratif. Il s’adonne dans ses textes à la beauté formelle et aux jeux de sonorités, qui se mêlent à une richesse musicale assumée. Au cours de sa carrière, le groupe a d’ailleurs exploré différents registres comme le pagan, le heavy ou le doom. Tout en conservant une identité black et mélodique, Hecate semble davantage intéressé par les couleurs susceptibles de porter son récit. En témoigne ce quatrième album, Comment Est La Nuit ?, qui voit un black metal traditionnel se mêler au piano, à la flûte et au violoncelle. Autre ingrédient qui sublime cet artisanat à la française : l’artwork est constitué d’une double peinture à l’huile finement ciselée.

Huit titres et une heure de musique : Comment Est La Nuit ? a des allures de voyage onirique. Pour parler de ce nouveau disque, nous discuterons avec les membres du groupe en direct sur nos ondes. Hecate a pris bien des formes différentes au cours des années et les différents passagers ont été nombreux. Aujourd’hui, le batteur et parolier Nicolas Bristot, dit Silence, est le seul membre fondateur encore présent. Il est désormais accompagné des chanteurs Aharon (Griffon, A/Oratos) et Thomas DM (Helioss, Astral Lore) pour porter ses textes. S’ajoutent à ce line-up Nox à la guitare, à la basse et au piano, ainsi que le guitariste FV. Le quintette sera dans notre émission Repas de Corbeaux ce lundi soir.

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Chronique   

Tarja – Frisson Noir


Après plusieurs années passées à explorer les terres de l’électro (Outlanders) et des musiques de Noël (Dark Christmas), Tarja Turunen revient à ce qui a toujours constitué le cœur de son identité artistique : le metal symphonique. Avec Frisson Noir, annoncé comme « l’album le plus heavy » de sa carrière, l’ancienne voix de Nightwish signe une œuvre très personnelle, faite de théâtralité et de collaborations parfois improbables, où se mêlent sophistication des idées et noirceur plus assumée que par le passé. Dès le premier coup d’œil sur la tracklist, le disque impressionne par la variété de ses collaborations. La présence de Marko Hietala sur « Leap Of Faith » ravivera forcément la nostalgie des fans historiques de Nightwish, tandis que Dani Filth apporte à « I Don’t Care » un contraste vocal qui a de quoi donner le tournis. La liste des instrumentistes invités n’est pas en reste : entre shamisen japonais, guitares flamenco et batteries à la sauce Red Hot Chili Peppers, Tarja semble s’être donné pour mission de dépasser le cadre du metal orchestral traditionnel par tous les moyens imaginables. Difficile de ne pas donner des points pour l’originalité quand « Le Carnaval Des Animaux » est la référence la moins déroutante de l’album…

Mais au-delà de ces collaborations à gogo, Frisson Noir frappe également par son homogénéité. La soprano finlandaise privilégie ici des compositions plus agressives et moins centrées sur la seule grandiloquence orchestrale, même si les dix minutes de « At Sea » pourraient donner l’impression du contraire. Les riffs sont plus mordants (pas besoin d’aller plus loin que la chanson-titre pour s’en convaincre), les arrangements davantage tournés vers l’efficacité que l’emphase permanente. Paradoxalement, il en résulte un album d’une densité presque excessive, où les idées s’accumulent au risque de saturer l’écoute. Et pourtant, ce côté implacable souligne aussi une initiative louable : Tarja a su oser et sortir de sa zone de confort. Là où beaucoup de productions symphoniques récentes semblent calibrées jusqu’à l’aseptisation, Frisson Noir montre une vraie personnalité. Imparfait mais ambitieux, l’album rappelle surtout que Tarja continue d’opter pour l’authenticité plutôt que pour la facilité.

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Interview   

Saint Agnes : l’envie d’être entendu


Saint Agnes est un groupe à découvrir. Silhouettes tendues, tension électrique, pulsations industrielles qui cognent comme un cœur sous pression. Sur scène, tout est affaire d’intensité ; en studio, c’est un laboratoire émotionnel où la fragilité devient arme.

Leur nouvel album, fraîchement sorti, s’intitule Your God Fearing Days Are About To Begin : une phrase-manifeste, presque une mise en garde. Dans un monde où les certitudes identitaires et religieuses refont surface avec une agressivité assumée, Saint Agnes capte l’angoisse contemporaine sans sombrer dans le cynisme. Le disque avance comme un paradoxe : à la fois lumineux et traversé d’ombres, intime et politique, organique et mécanique. Avant de les retrouver sur scène en première partie de Last Train, nous avons pris le temps de revenir avec eux sur la genèse de cet album, sur les tensions qu’il a traversées, et sur ce moment charnière où un groupe décide de ne pas céder — ni artistiquement ni humainement.

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Chronique   

Converge – Hum Of Hurt


Sortir un album marquant est déjà un exploit. En sortir un second moins de quatre mois plus tard, avec une identité propre et sans donner l’impression de recycler des chutes de studio, relève presque de l’anomalie. Pourtant, c’est exactement ce que réalise Converge avec Hum Of Hurt. Né des mêmes sessions que Love Is Not Enough, le disque emprunte une direction sensiblement différente. Là où son prédécesseur s’appuyait sur une approche plus métallique, compacte et écrasante, Hum Of Hurt revient vers les racines hardcore du groupe. Jacob Bannon lui-même l’a présenté comme un album davantage tourné vers l’emotional hardcore, et cela s’entend dès les premières minutes. Les morceaux sont plus courts, plus tendus, parfois plus immédiats. Converge taille dans le gras et privilégie l’impact.

Mais réduire Hum Of Hurt à un simple retour aux sources serait passer à côté de sa singularité. Le groupe introduit ici une dimension plus réflexive. Le concept du « Hum » — ce mystérieux bourdonnement que certaines personnes affirment entendre dans le monde réel — devient sous la plume de Bannon une métaphore de la souffrance collective. Cette idée traverse l’ensemble du disque, non pas comme un concept envahissant, mais comme une présence diffuse qui imprègne chaque titre. Des morceaux comme « Doom In Bloom » ou l’éponyme « Hum Of Hurt » illustrent parfaitement cette volonté de laisser davantage de place à la faille et à l’introspection sans jamais sacrifier l’intensité qui fait l’identité du groupe. Cette matière émotionnelle transforme profondément les compositions et contribue à donner à l’album une personnalité distincte de celle de son prédécesseur. Hum Of Hurt n’est pas l’ombre de Love Is Not Enough. C’est son reflet déformé. Plus nerveux, plus vulnérable, parfois plus sombre aussi. Une autre facette d’un même élan créatif, qui démontre qu’après plus de trente ans de carrière, Converge continue encore à se réinventer sans perdre ce qui le rend immédiatement reconnaissable.

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Interview   

Blindead repart de 23


Blindead 23 est l’histoire d’une renaissance. Celle d’un groupe, Blindead, qui a existé pendant vingt ans avant d’imploser. Mais c’est aussi celle d’un homme, Mateusz Śmierzchalski, cerveau créatif du groupe, connu pour avoir officié sous le pseudonyme d’Havoc au sein de Behemoth de 2000 à 2003, et technicien guitare de nombreuses prestigieuses formations. Après une descente aux enfers impliquant sa santé mentale, il est parvenu à trouver la force de se battre et de remonter la pente. C’est pendant cette période qu’il rencontre Roger Öjersson, guitariste qui a officié pendant huit ans chez Katatonia, déçu par la tournure prise par ce dernier. Une amitié et une alchimie étaient nées. Un nouveau Blindead, accompagné du chiffre 23, a vu le jour.

Après un démarrage compliqué et un EP, Vanishing, les Polono-Suédois peuvent enfin respirer : l’album Deuterium enregistré en 2023 voit enfin le jour. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec son mélange de styles, impliquant aussi bien le progressif que le metal extrême ou des tonalités plus mélancoliques, le disque a de beaux atouts à défendre. Nous avons justement eu l’occasion d’en discuter avec Mateusz et Roger, qui ont pris le temps de nous raconter leur histoire, personnelle comme collective.

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Chronique   

Periphery – A Pale White Dot


Periphery est l’électron libre de la scène metal moderne. Si le groupe aurait pu très tôt s’inscrire dans certaines tendances porteuses, il préfère naviguer dans son univers personnel, entre djent, metalcore et prog. Désormais totalement portés par leur structure indépendante, le combo compose sans autre préoccupation que celle de répondre à ses propres exigences artistiques. Il opère à ce titre avec A Pale White Dot un étonnant changement de cap et signe par cette occasion son disque le plus accessible.

A Pale White Dot n’affiche pas de numéro, choix qui n’est probablement pas anodin. A l’instar de la doublette Juggernaut, l’album peut par certains aspects se profiler en légère digression à la « formule » Periphery. Il porte inévitablement la marque de fabrique des Américains, mais le quintet y aborde l’écriture d’un œil nouveau, sans volonté de densifier à l’extrême ses constructions. A Pale White Dot est plus spontané et direct que ses prédécesseurs, qui développaient les inspirations prog sur des schémas longs et labyrinthiques. Le groupe privilégie ici des formats classiques – le 3’30 est érigé en norme –, gagnant inévitablement en accroche ce qu’il abandonne en complexité. Il ne signe pourtant jamais une œuvre simpliste et affiche même un talent insolent à déborder de technicité sans jamais perdre en lisibilité, voire à se jouer des conventions. Periphery écrit le disque dont il a besoin, quitte à totalement expurger certains passages de guitares au profit de nappes électroniques d’une profondeur abyssale (« Obsession », « Blackwall »). A Pale White Dot joue de fait plus que jamais la carte des contrastes vertigineux, empilant de pures décharges d’agressivité (le single défouloir « Mr. God ») à une profusion de mélodies sensibles et ciselées. Le chanteur Spencer Sotelo témoigne d’une versatilité ébouriffante, et signe avec ce huitième opus ses refrains clairs les plus émotionnellement chargés. L’œuvre est extrêmement personnelle. Elle touche sans détours, avec une virtuosité différente mais toujours impressionnante.

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CR De Festival    Live Report   

Le Roadburn célèbre son passé et le futur


Fort de plus de vingt-cinq ans d’expérience, le Roadburn, qui a contribué à l’essor du doom, du stoner et du rock rétro, s’est attaché ces dernières années à décloisonner ces scènes pour les ouvrir sur des formes différentes, voisines ou équivalentes, de musique « heavy ». Un objectif ? Redéfinir, encore et encore, ce que peut signifier cette notion de « lourdeur ». Quitte à parfois prendre ses distances avec le bon vieux stoner de ses débuts, et à laisser quelques fans de longue date sur le carreau. Mais c’est justement sous le signe de la réconciliation que s’ouvre son édition 2026, qui aligne sur son affiche de nombreuses valeurs sûres ayant déjà marqué l’histoire du festival – de quoi réjouir les anciens et permettre aux plus jeunes de réviser leurs classiques, donc, en plus du lot de découvertes promis à chaque fois.

Dès le premier jour, l’humeur est au beau fixe à Tilbourg aux Pays-Bas où se déroule le festival. Sous un soleil presque toujours radieux, c’est une foule toujours plus bigarrée qui se croise et se mélange, internationale, diverse en âges et variée en styles mais fidèle à sa réputation de public le plus chill d’Europe, accueillant et respectueux des groupes comme des autres festivaliers. L’organisation de son côté n’a pas ménagé les efforts pour un déroulement le plus fluide possible, et à part les inévitables queues pour les groupes les plus attendus et les incontournables maux de dos – on ne rajeunit pas –, l’expérience reste idéale pour un festival de cette taille, avec une sonorisation toujours au rendez-vous, voire, dans les salles de l’013, absolument impeccable.

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Interview    Radio Metal   

The Scalar Process : entre le tangible et le spirituel


the scalar process eloi nicod mathieu lefevreThe Scalar Process pourrait incarner la relève d’une certaine idée du death metal technique de sa génération. Lancé en 2016, le groupe prend vie l’année des sorties de Dreamless de Fallujah, Solipsist de The Zenith Passage ou encore Proponent for Sentience d’Allegaeon. L’âge d’or d’un nouveau mouvement qui prouve que la technicité dans le death metal peut se mêler à des mélodies atmosphériques et éthérées. The Scalar Process ne semble pas renier son appartenance à cette vague venue d’outre-Atlantique, tout en se frayant son propre chemin et en bâtissant une identité singulière. Agnomysticism est donc un deuxième album en dix ans, une démonstration que la formation franc-comtoise ne veut pas brûler les étapes. Coagulative Matter, sorti en 2021, brillait déjà par sa maturité et sa production pour un premier jet ; Agnomysticism confirme que les atmosphères déployées par les mélodies de The Scalar Process sont le fruit d’une réflexion profonde et d’un travail de fourmi. Ce n’est sans doute pas le compositeur, producteur et guitariste Eloi Nicod qui dira l’inverse, lui qui voue une dévotion profonde à cette niche musicale depuis ses jeunes années.

La passion pour cette musique et le professionnalisme avec lequel il façonne son œuvre finissent par payer. Preuve en est : deux figures qui ont directement inspiré le musicien ont accepté son invitation pour contribuer à ce deuxième album, Andy Thomas de Rivers Of Nihil et Justin McKinney de The Zenith Passage. Eloi Nicod et le chanteur Mathieu Lefevre évoqueront avec nous sur notre antenne le parcours du groupe jusqu’à la sortie de ce deuxième album fraîchement publié chez Transcending Obscurity Records. Ils nous en diront plus sur ce disque, Agnomysticism, qui reflète conceptuellement un équilibre entre le tangible et le spirituel, des notions qui résonnent forcément avec celui que l’on retrouve au cœur même de la composition du groupe.

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Chronique   

Hocico – Unseen Horror Scenes


L’apocalypse est à nos portes. Hocico en a écrit les premiers versets dès le début des années 90, avant que l’ombre ne gangrène progressivement le monde et ne permette à la bête électro-indus d’étendre son empire décadent. Elle a mué depuis les premières expérimentations dissonantes vers une certaine forme d’hypnose aux pulsations frénétiques. Unseen Horror Scenes n’est en soi plus tellement prophétique. Ses lamentions sales et violentes sont désormais le reflet de sociétés modernes à l’agonie.

Trente années de carrière ne soulagent pas la douleur. Du moins chez Hocico, combo mexicain qui aborde la musique dans sa dimension la plus aliénante. Leur onzième album déroule comme toujours une formule insidieuse, invite à danser sur les ruines et à abandonner le peu d’espoir qui subsiste. Les arguments de son culte magnétique et tyranique sont pourtant rudimentaires : un kick assommant, des claviers technoïdes malsains ainsi que le chant arraché de Erk Aicrag. Le frontman ne joue des modulations vocales qu’avec une extrême parcimonie, usant de répétitions pour marquer au fer rouge et pervertir les esprits. Les mélodies sont le fait de l’inquiétant Racso Agroyam, cénobite expert des bidouillages et loops calibrés dancefloor. Mais si Hocico avait pu par le passé s’abandonner dans une surenchère de constructions aux BPM toujours plus excessifs, il laisse désormais plus volontiers respirer ses partitions. Si les compos furibondes constituent la colonne vertébrale de leur œuvre cauchemardesque, le disque laisse cependant la place à des mid-tempos macabres étouffants (« Twisted Promises », « Playground Of Scars »), parfois proches des étendues fantasmagoriques des débuts. Hocico ne révolutionne pas son approche artistique, mais il prend occasionnellement quelques voies parallèles. En témoignent les étonnants brûlots « Blood On The Wire » à l’esprit purement Ministry ainsi que « Hey Tù » et ses couplets rap. De possibles réminiscences du travail bruitiste d’Agroyam pour Dulce Liquido, projet réactivé récemment après vingt ans de sommeil. La nuit leur appartient.

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  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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