Huit ans après For The Cause, Madball revient avec Not Your Kingdom, son dixième album studio et le premier sans le bassiste historique Hoya Roc qui incarnait avec le chanteur Freddy Cricien le tandem indissociable qui a façonné l’identité du groupe au cours des trente dernières années. Or, ce changement de line up qui aurait pu fragiliser les vétérans du New York Hardcore agit paradoxalement comme le catalyseur d’une dynamique renouvelée : pour la première fois, tous les musiciens participent pleinement au processus d’écriture. Désormais seul maître à bord, Cricien a tout de même décidé de laisser davantage de latitude à ses partenaires, notamment au batteur Mike Justian, dont les idées de riffs occupent une place prépondérante dans les compositions. Sans jamais renier ses racines, le groupe affine sa formule en privilégiant une écriture plus collective et plus nuancée.
Dès « Tethered », Madball rassure immédiatement ses fans avec une musique frontale et sans concession qui donne le ton. Pourtant, au fil des compositions, le quatuor ne tarde pas à démontrer que ce nouvel opus ne se résume pas à une simple succession de déflagrations. Si « Rebel Kids », « Stab Wounds » ou « What Say You » perpétuent l’héritage du hardcore new-yorkais avec ses breakdowns massifs et ses refrains fédérateurs, des titres comme « Family First », « The Ride » ou « Clockwork », à l’inverse, misent davantage sur le groove et des tempos plus posés sans jamais sacrifier la dynamique du disque. Qu’on ne s’y trompe pas : même si Madball témoigne d’une volonté d’élargir sa palette (« Life’s A Mural »), les brûlots expéditifs disséminés tout au long de Not Your Kingdom rappellent que les Américains n’ont rien perdu de leur capacité à frapper vite et fort, à l’image de « Flammable », « Don’t MisStep » ou « IWI ». Plus qu’une rupture, cette évolution s’inscrit dans une continuité parfaitement maîtrisée car loin de chercher à moderniser artificiellement son hardcore, la formation démontre qu’elle est encore capable d’en faire évoluer les contours avec intelligence. Au final, ce nouvel album s’impose comme un disque dense, varié et remarquablement maîtrisé qui démontre qu’après près de quatre décennies de carrière, Madball demeure l’une des incarnations les plus crédibles et authentiques du hardcore new-yorkais.







































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