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Live Report   

Ultra Vomit fait son cinéma au Zénith


Dans le paysage du metal français, Ultra Vomit occupe une place à part. Quand le groupe nantais apparaît au début des années 2000, peu imaginent que ces amateurs de pastiches et de blagues potaches finiront un jour par remplir des Zénith. À l’époque, leur formule intrigue autant qu’elle amuse, un metal volontairement absurde, bourré de références à de nombreux univers, où l’on passe sans prévenir du death metal au hard rock, du black metal au punk.

Avec Objectif : Thunes en 2008 puis Panzer Surprise! en 2017, le groupe affine pourtant un savoir-faire bien plus solide qu’il n’y paraît. Derrière l’humour et la parodie, Ultra Vomit révèle surtout une chose, une habilité à maîtriser les styles qu’il détourne. Les blagues fonctionnent précisément parce que les morceaux tiennent la route musicalement. L’équilibre est rare, réussir à faire rire tout en restant crédible musicalement.

Alors forcément, voir Ultra Vomit investir aujourd’hui un Zénith n’a rien d’anodin. C’est la preuve qu’un projet né dans le second degré peut, à force de travail et de créativité, devenir un véritable spectacle populaire. La diversité du public présent ce soir traduit la capacité du groupe à fédérer et à toucher de plus en plus de monde.

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Interview    Radio Metal   

Queen(ares) : le poids des choix


queen(ares) radio metal choices interviewQuels choix cruciaux ferons nous pour notre avenir collectif ? Alors qu’on entre de nouveau dans un cycle de périodes éléctorales, cette question va de nouveau s’imposer dans notre débat. Hasard du calendrier ou non, les nordistes de Queen(ares) se concentre sur le sujet avec son deuxième album CHOICES. Au-delà du cercle restrictif de notre petit monde politique, la formation prend surtout une certaine hauteur que sa condition artistique lui permet. Queen(ares) aborde ainsi dans son nouveau disque la place de l’être parmi ses semblables, mais aussi de la supériorité des éléments qu’il ne maîtrise plus. Il est alors question dans CHOICES de l’impact de la main de l’Homme sur le monde et lui-même. Bien que ces sujets apparaissent plus que jamais actuels en rapport avec les derniers évènements nationaux ou internationaux, ils ont d’avantage une réalité existentielle. D’ailleurs, Queen(ares) parle aussi bien de la société que des individus qui la composent.

Les choix individuels sont multiples, et chez Queen(ares), les choix artistiques aussi. Si la couleur post-hardcore semble bien leur correspondre, il est assez difficile de les ranger strictement dans ce registre. Les musiciens font le pari d’y mêler des mélodies vaporeuses, de la folk ou de la new wave. Le groupe promène ainsi l’auditeur dans un panel d’émotions larges pour servir ses propos. Pour évoquer tout cela, nous ferons connaissance avec les bassistes et chanteurs Maxime Mouquet et Charly Millioz. Les musiciens seront en direct sur l’antenne de Radio Metal ce lundi soir.

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Interview   

Lamb Of God : résister face à l’effondrement


Depuis plus de trente ans, Lamb Of God avance sans détour, fidèle à ses idées politiques. Héritiers d’un heavy metal forgé dans la rage postindustrielle américaine, les cinq musiciens n’ont jamais cherché à édulcorer le réel. Leur musique cogne, mais elle pense. Elle interroge le pouvoir, la guerre, la manipulation, l’effondrement moral et la responsabilité individuelle face à tout cela. Avec Into Oblivion, leur nouvel album, le titre sonne presque comme une prophétie. Nucléaire, polarisation politique, isolement numérique, fragmentation sociale : le disque capte cette sensation d’accélération permanente vers quelque chose d’incontrôlable.

Mais derrière la noirceur, il y a une tension plus subtile. Une volonté de clarté. Une articulation plus assumée du propos. Et, surprise pour certains puristes, des passages en voix claire qui introduisent une forme de vulnérabilité inédite. À cinquante-cinq ans tout juste, Randy Blythe n’a rien perdu de sa lucidité ni de sa radicalité intellectuelle. Enfant de la guerre froide, observateur acerbe des dynamiques géopolitiques contemporaines, il parle d’Ukraine, de concentration des richesses, d’utopie disparue et de responsabilité individuelle avec la même intensité qu’il hurle sur scène. Mais il évoque aussi la communauté comme antidote à l’isolement, la prise de risque artistique comme nécessité vitale, et le refus de devenir « une version karaoké de soi-même ».

À l’occasion de la sortie de Into Oblivion, nous avons échangé avec lui, de la roue de Sainte-Catherine aux bunkers des milliardaires, de Montaigne aux réseaux sociaux. Une discussion sur la peur, mais surtout sur la possibilité de ne pas céder à l’effondrement.

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Chronique   

Exodus – Goliath


Loin d’être déstabilisé par une nouvelle séparation avec Steve « Zetro » Souza en janvier 2025, Exodus poursuit inflexible sa route. Goliath, douzième album studio, marque ainsi le retour de Rob Dukes derrière le micro. Tout sauf une simple célébration nostalgique, les Californiens y démontrent une envie de densifier autant que diversifier leur propos. Si « 3111 » donne le ton via une entrée en matière rentre-dedans, rapidement suivie par un « Hostis Humani Generi » frontal, frénétique et incisif, on leur découvre rapidement une appétence mélodique inédite. Avec d’abord l’intro et le refrain de « The Changing Me », renforcé par la participation de Peter Tägtgren, puis le hard rock burné de « Promice You This ».

Le jeu d’équilibriste entre puissance nerveuse et lourdeur constitue, par ailleurs, un fil conducteur. De quoi éviter l’écueil d’enchaînements trop linéaires. Le morceau éponyme s’impose, à cet égard, comme l’un des moments clés : tempo quasi doom, atmosphère qui abat une chape de plomb et arrangements singuliers (l’intervention de la violoniste Katie Jacoby, notamment). Un titre à la profondeur inattendue, contrastant avec l’urgence abrasive de « Beyond The Event Horizon » qui suit. Autre pièce qui sort des sentiers battus : les huit minutes progressives de « Summon Of The God Unknown », une vitrine pour le savoir-faire de la formation autant que pour Rob Dukes qui impressionne par son registre vocal élargi. Exodus ne perd rien de la hargne qui a façonné sa réputation. Elle est, au contraire, valorisée par ce jeu de contrastes. Les guitares de Gary Holt et Lee Altus privilégient l’efficacité aux côtés d’une section rythmique solide pour laisser les compositions respirer. La production à la fois claire et organique de Mark Lewis permet de profiter des détails – et notamment de la basse qui va jusqu’à s’offrir un solo dans « The Dirtiest Of The Dozen » – sans rogner sur la rugosité, voire la crudité du son. Goliath est l’œuvre d’un groupe qui maîtrise les codes du thrash à l’ancienne sur le bout des doigts, mais refuse de se reposer sur ses acquis et sait encore injecter de nouvelles nuances dans sa formule. Une démonstration de forme après quarante ans de carrière, à l’heure où les annonces de retraite s’enchaînent…

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Interview   

Lost Society : retour de l’enfer


Nous en parlions avec Samy Elbanna la dernière fois, la conception de If The Sky Came Down avait représenté une période particulièrement sombre et désespérée pour lui, mais preuve que même au fond du trou, on peut trouver une issue : le chanteur-guitariste a fini par retrouver goût à la musique et à la vie. C’est finalement un peu cette histoire que raconte le nouvel album Hell Is A State Of Mind, reprenant là où son prédécesseur s’était arrêté.

C’est l’œuvre d’une libération, pour le frontman, le protagoniste de la narration et le groupe qui assume plus que jamais ses envies musicales plurielles, conjuguant mélodies accrocheuses, riffs agressifs, chant au large spectre et orchestrations théâtrales, entre modernité et vieille école.

Comme à chaque fois, nous avons pris le temps d’échanger avec Elbanna qui nous raconte en détail cette nouvelle étape dans l’évolution d’un groupe qui fait ce qu’il veut et se fiche de ce que les autres peuvent en penser, mais aussi le contexte et les dessous thématiques d’un disque particulièrement travaillé.

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Live Report   

Avatar, bienvenue dans le freakshow


Samedi soir, la salle affiche déjà une belle densité bien avant que la tête d’affiche n’entre en scène. Plus de cinq mille personnes ont fait le déplacement pour voir Avatar, et le groupe suédois sait que la soirée compte. Le concert est filmé et, surtout, il marque une étape importante : leur plus grosse date en tête d’affiche en Europe à ce jour. Une manière de mesurer le chemin parcouru par un groupe qui, depuis une quinzaine d’années, construit patiemment sa réputation de formation aussi singulière que spectaculaire.

Car Avatar n’est pas un groupe de metal tout à fait comme les autres. Depuis ses débuts au début des années 2000, la formation menée par Johannes Eckerström a progressivement développé un univers où la musique et le spectacle avancent main dans la main. Au fil des albums le groupe a affiné une identité qui mêle groove metal, refrains accrocheurs et une esthétique de cirque sombre devenue sa signature. Sur scène, cette dimension théâtrale prend toute son ampleur, chaque tournée semble repousser un peu plus loin les ambitions visuelles et la mise en scène.

Avant d’entrer dans ce grand théâtre métallique, la soirée commence pourtant de manière beaucoup plus contrastée. Entre le black metal ritualiste et provocateur de Witch Club Satan et le groove tribal d’Alien Weaponry, les premières parties proposent deux visions radicalement différentes du metal contemporain. Deux identités fortes, chacune à sa manière, qui contribuent à donner à la soirée un parfum assez éclectique.

Trois groupes, trois univers, et une salle qui devrait sortir chauffée à blanc.

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Interview   

Karnivool, libéré de sa prison


Pour peu, on l’aurait presque oublié, et ça aurait été sacrément dommage, car Karnivool fait assurément partie de l’élite du metal progressif, ce qu’il prouve une fois de plus avec In Verses. Un quatrième album qui voit le jour treize ans après le précédent. C’est long, trop long, mais la récompense est là dans une musique profonde, fine et équilibrée, entre espoir et désespoir, mélodie et expérimentation, où l’évasion est permanente.

C’est le chanteur Ian Kenny et le guitariste Drew Goddard qui ont répondu à nos questions pour lever le voile sur une conception difficile étalée sur treize années. Le désespoir, justement, n’était jamais loin pour les Australiens, embourbés dans un processus qui avançait à petit pas. Mais voilà, à force de persévérance, par amour pour la musique et le groupe, avec l’aide des bonnes personnes, ils ont fini par en venir à bout. Les deux musiciens nous racontent tout ça et rentrent, pour notre plus grand plaisir, dans leurs méandres créatifs.

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Chronique   

Angus McSix – Angus McSix And The All-Seeing Astral Eye


Héros des temps modernes, amateurs d’armures brillantes et d’effets spéciaux low-cost, laissez-vous happer par une nouvelle aventure signée Angus McSix, qui ouvre un nouveau tome de son lore. Pour ceux qui n’ont pas suivi, cette fois, le récit – toujours aussi absurde, à prendre avec une bonne dose d’humour et de fun – ne suit plus directement Angus lui-même, mais son frère Adam McSix, incarné par Sam Nyman, devenu protagoniste principal d’une quête destinée à libérer le héros légendaire, prisonnier d’un bloc de glace depuis sa défaite face à l’archidémon Seebulon. Mais… qu’à cela ne tienne. L’introduction « 6666 » agit comme un passage de témoin, installant immédiatement la dimension narrative du disque. Plus qu’une simple collection de titres, l’album fonctionne comme un véritable récit musical où chaque morceau constitue un nouveau chapitre et voit apparaître de nouveaux alliés dans la bataille à venir.

L’ensemble reste solidement ancré dans un power metal épique, spectaculaire, ultra catchy et volontairement cliché. La production orchestrée par Sebastian Levermann porte d’ailleurs clairement sa signature : arrangements massifs, claviers héroïques et refrains fédérateurs rappelant la patte d’Orden Ogan en plus décomplexée et ludique (sons de jeu vidéo vintage à l’appui). Riche en collaborations, l’album multiplie les moments marquants. « I Am Adam McSix » flirte ouvertement avec l’esthétique symphonique de Rhapsody Of Fire, tandis que « The Fire Of Yore » empile avec jubilation les mots-clés du genre — « metal », « steel », « glory », « power », « victory » — avant de relancer la machine sur un final qui titille les nuques. Sam Nyman tire pleinement parti de ce rôle central : sa performance vocale, ample et assurée, prouve qu’il peut porter cette nouvelle saga sans difficulté. L’album réserve aussi quelques détours inattendus, comme « Techno Men », flirtant avec l’indus et rappelant l’esprit fun d’Electric Callboy. L’instrumentale « Aetheriyja » prépare quant à elle l’affrontement final avant « The Power Of Metal », porté par Freedom Call, ambassadeur de la dimension héroïque : derrière son refrain flamboyant, le morceau semble interroger l’essence même du power metal, avant de laisser la place à « Into Battle », conclusion orchestrale ouvrant la porte à une suite. Adam aura su reprendre le flambeau de son frère avec brio et nul doute qu’il saura conquérir le cœur des plus fidèles adorateurs de la famille légendaire McSix en route vers sa nouvelle destinée.

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Interview    Radio Metal   

Locus Noir : dualités et introspection nocturne


Locus Noir Benjamin Nominet InterviewDepuis l’ère de Sybreed, Ben DMN a poursuivi sa quête musicale à travers divers projets. Si le metal industriel semble désormais derrière lui, le musicien semble toujours garder les lunettes noires tournées vers le rétroviseur. En témoigne cette nouvelle entité résolument nostalgique baptisée Locus Noir. Ce projet solo, finalement devenu un trio, se veut comme un retour aux sources, revenant vers les inspirations mêmes de Sybreed. Locus Noir est en effet une véritable ode au mouvement post-punk et à l’esthétique gothique qui affleurait déjà subtilement dans les fondations du groupe emblématique du cyber metal. L’héritage musical revendiqué tient ici davantage de formations cultes comme Type O Negative, Fields Of The Nephilim ou Paradise Lost, tout en y apportant une touche contemporaine. Avec Shadow Sun, la visée est claire : remettre au goût du jour une véritable interprétation du metal gothique.

Le pari réussi de Locus Noir tient surtout au fait que sa musique semble intemporelle, à l’instar de ce qu’a pu proposer récemment le projet nantais Sang Froid. Inexorablement, le cuir et les lunettes noires peuvent nous renvoyer quelques décennies en arrière. Toutefois, avec Shadow Sun, Locus Noir semble chercher l’équilibre parfait entre la reviviscence d’une époque révolue et un son moderne qui ne viendrait pas en dénaturer le souvenir. Pour respecter la tradition de l’esthétique gothique, les textes évoquent des sujets intimes et ésotériques en jouant avec les dualités : l’amour et la mort, le désir et la décadence, les fêtes et les excès… Autant de thèmes qui nous renvoient à la tumultueuse vie nocturne. Et pour nous accompagner dans cette promenade nocturne, Ben DMN sera avec nous en direct dans l’émission Repas de Corbeaux ce lundi soir.

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Interview   

Paul Gilbert et le fantôme de George Washington


Dans le monde de la guitare, Paul Gilbert est définitivement un cas à part. Aussi talentueux que loufoque dans certaines idées qui lui viennent, il aime faire ce que personne n’aura même songé à faire. Dernier exemple en date, son nouvel album WROC. Un peu d’histoire : vers 1744, le jeune futur premier président des Etats-Unis d’Amérique George Washington s’adonne à un exercice d’écriture scolaire, recopiant mot pour mot une traduction anglaise de cent dix règles de civilités publiées en Angleterre vers 1640, elles-mêmes issues d’un manuel d’étiquettes français de 1595 rédigé par des jésuites.

Quel rapport avec Paul Gilbert ? C’est précisément dans ce recueil qu’il a pioché douze règles de bonne conduite pour les transformer en chansons, puisant dans toute une panoplie d’influences musicales, du blues au heavy metal, pour un singulier panachage d’époques. De quoi apprendre quels sont les bons comportements à suivre en société tout en s’amusant. Dans l’entretien qui suit, le musicien – qui, après une série d’albums a essayé d’imiter le chant à la guitare, reprend le micro – nous explique l’origine de l’expérience et la façon dont il l’a menée à bien, faisant appel, pour certaines tâches, à une IA pas toujours fiable et stimulant son « générateur mélodique intérieur »… L’occasion également de réfléchir à certaines de ces règles de civilité, mais aussi de revenir brièvement sur la fin de Mr. Big.

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  • Imminence + Ne Obliviscaris @ Salle Pleyel
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